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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 12:17
Liberté

Le sable de la joie pure s’échappe de mes mains

S’élançant, soulevé, des plis de mes jointures

Rejoint en fond de nuit des souffles sans mesure

Quel ami quel amant rejoint-il à ce train

l’inspirante beauté, blanche et bleue, téméraire,

mon sablier fonçant vers l’horizon polaire

plantée comme un roseau je lui donne mes yeux

me rendant à la grâce dans les vents prodigieux

impossible vertige, je reste au bord de l’eau

verglacée des banquises

l’improbable abandon me nargue et me défie

je suis un château d’eau

quelle dernière balise

pour éclairer la danse des vents dans les nuages

quelle dernière avance

m’affranchit des hantises

et reporte les âges.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 14:26
Je ne fais que passer

Quel bonheur de savoir que tout n'est pas éternel ! Tant de vilaines choses en ce monde, qui finiront avec nous.

Les anges aux ailes brisées se cachent pour mourir.

Non, je ne perds pas la boule, j'en ai juste marre de ce MONDE QUI EST UN FOUTU BORDEL REMPLI DE FOUTUS ENFOIRES.

Il n'est même plus question de tendre l'autre joue. Fuck the world, vois-je tous les matins au dos d'un panneau indicateur sur l'autoroute. C'est mon tag préféré. Il est petit, moche, mal placé, hurlant de peine et de dégoût, et moi il me fait rire (jaune) parce qu'il est comme un écho de mes pensées les plus douloureuses.

Un ange blessé, qui voudrait que les malheureux soient recueillis, partout, par tous, que tout soit partagé, les malheurs et les richesses, que tous soient bienveillants.

Fuck the world !

Et pour la beauté, qui est tout autour de nous qui marchons dessus, le paysage. Le merveilleux, merveilleux paysage.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 13:30
Chamois

~~ce que tes mains taillent dans mes glaces

mes retenues, mes barricades,

ce qui attend, que tu dépasses,

la tendresse de tes embuscades

ton corps qui joue du vibraphone

tes froncements, tes heures froides

les avenirs que tu jalonnes

tes rires, tes élans, tes tocades

tes lèvres, tes pieds, tes genoux,

tes bras, tes mains, tes soies, tes mailles

tout ce qui vient en fleuve doux

ou en éboulis de rocaille

j’aime, je prends et je m’empêtre

dans tes regards croustillants

parfois même je crie de joie

c’est beau, c’est bon, c’est un instant

volé aux décharges du temps

un bonheur en peau de chamois.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 14:08
L'abri des mauvais vents

la baraque tangue, notre grenier nocturne, navire tardif dont les fatigues se taisent

où niché le corps plonge, passant parfois de tous ses os entre les chairs du lit,

mon cygne souverain

tu es si beau, si fort si fragile, griffé d’histoires, de mouvements d’eau, ton œuvre inachevée,

le boutoir du vent tente de t’envoyer ses fantômes ectoplasmes

tu gémis sous ses coups

tu tiens et la nuit marche

qu’il parte ce souffle pressé, qu’il file s’effilocher contre les dents des crêts

pour laisser derrière lui notre barque gracile

aux bras des courants tendres

au silence des plages

que les bornes se ruinent, le temps, le bruit, la substance des corps,

que l’arc doux de tes pensées puisses venir ouvrir ce coffre-fort

tu danses alors que nous dormons, une onde tiède berce ton ventre

mon oiseau immobile

tu es si beau, si exposé, dans l’ombre lavée par les grands vents

j’ai veillé longtemps sur nos plumes riveraines blanches, si blanches

je m’endors sous tes combles

dans les doigts bleu-vert de ton regard

prends ton quart, s’il te plait, jusqu’à la fin du noir

l’obscur c’est si bon lorsque nous y rêvons

et le rêve c’est nous

et ces écharpes floues

duveteuses lueurs entre les pans de vie

la baraque chantonne,

il est parti je crois…

… tout est calme…

 

je t’aime.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 12:57

Eau.jpg

 

l’eau monte jusqu’à tes jambes

elles sont blanches dans l’ombre du lavoir

glacée, la langue de l’eau de mars te fait vaciller

tu t’en vas, rien ne sera plus

 

j’ai à l’esprit ce que je n’ai pas vu

l’image de ton corps

droit, l’eau jusqu’aux genoux,

tu trembles, tu as froid,

et ma vision se trouble avant que tu ne tombes

te gardant droite, désespérée

ni les larmes ni mes bras ne peuvent te retenir

l’image de toi partant, immobile,

habite mes yeux noyés

 

je voulais te demander, j’avais mille choses à te demander

encore, mille choses à déposer dans tes paumes

et l’histoire de ta vie que je voulais écrire

que tu emportes au loin

 

je sais que si tu étais restée, tu aurais tenu ma main encore

ton sourire au milieu des ruines avait la beauté de l’amour

alors je te porte, tu es si légère,

quels seuils faut-il passer pour que tu ne pleures plus

s’il te plait emmène avec toi

la tristesse qui me reste

 

donne moi la force, tends moi les bras

encore une fois.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 15:18

P1070210.JPG

200115

Oh… les dentelles, aspirées par les branches, les dentelles, les hanches et ce matin qui cogne

matin, douteux matin

sèche, glacée, je perds dans les confins de l’âme mes uniques repères

mes ailes sont percées, mes seins de laine blanche

je marche sur la ligne, ils m’ont donné deux eaux, dont aucune n’est franche

à l’est les bois tendres, tes prairies encore douces

au couchant l’or pourpre, le dernier lit de mauve

 

aspiré, dentelé, le chemin intraitable sous l’ange de mes pieds

grelottants

la vie, râpeuse, hérissée

et là presque happée par un ciel insensible

je postule à l’envol mais rien ne vient faire vent

je sens

sur mes cuisses ses cordes, ses caresses pourtant

à moins que ce soit toi

qui depuis tes jardins n’envoies un contre-signe

assez beau assez lent pour que les bras me viennent

de te prendre mon cœur en leur creux généreux

où tu laissas depuis nos nuits

les dentelles sincères de tes plus doux réveils

 

la vie, rauque, marbrée,

l’intérieur de tes membres, incarnat, épargné,

quel troublant mélange, elle et toi réchappés,

ce poignant mouvement lorsque je t’envisage

l’étreinte que j’embrasse, nos deux humanités

pures et lisses, vidées,

la bonté, le désir

de nos deux innocences.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 13:59

barca-view.jpg

 

Renversée dans la pente, la vie saigne, -ces blessures anciennes qui jamais ne s’éteignent-, saignée de sel, saignée de temps, de combien de force mienne faudra-t-il encore que je vous nourrisse, quelle improbable énergie faudra-t-il que j’invente pour survivre au-delà de tout.

 

Toi qui offre une nouvelle vie, toi dont la beauté me submerge et m’abrite, maintenant il faut que tu m’emmènes. Pourvu que ce soit bien moi que tes yeux regardent, alors emmène-moi, emmène-moi loin de tout ça, laissons là les mesquins, les petits, les routiniers, les méchants, offrons-nous ce bonheur libre et lumineux que tous se refusent.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 15:14

Pilat-13.jpg

 

Cœur grave,

 

les doigts errant dans ta barbe, je songe

 

ce que nous sommes, là où nous allons, les jeux de société autour de nous s’articulant,

 

et ce lit où, réfugiés, retrouvés, nous partageons la nuit

 

une part pour l’amour, une part pour les rêves,

 

la nuit autour de la maison couchée sur les allées où dorment aussi les feuilles

 

glissantes elles m’emmènent

 

toi tu portes dans le sommeil l’ouvrage parfois remuant, réitéré,

 

de tes jours

 

 

 

cœur attentif,

 

je dessine des doigts les plis de ton visage

 

un sentiment si doux vient habiter nos yeux

 

dont j’évalue la force, la fragilité

 

empli de tendresse et d’étonnement

 

dans l’escalier, un géant m’attend, patient et amoureux

 

 

 

cœur tendre,

 

je saurai bien, jour après jour je saurai

 

ce qui te compose, te constitue, t’anime et te retient

 

la part du secret, les frontières, les fenêtres,

 

je dormirai dans ta main, dans tes bras, dans ton souffle,

 

je chérirai la vie qui coule sous nos pas et la fleur de tes lèvres et ce malin compas

 

qui réunit et cadence nos voix

 

 

 

cœur grave,

 

j’imagine près de toi des soirées chaudes et douces

 

à l’ombre délicate des albizias en fleurs

 

au bord d’horizons nous offrant leurs spectacles

 

une vie avec toi

 

cœur grave, je suis là, espérant que les mots mille fois murmurés

 

nourrissent au fil du temps une promesse simple

 

 

 

alors je te regarde, tous mes cœurs appliqués,

 

sauvages et soigneux

 

je te rêve des yeux, c’est toi que je veux voir

 

dans le temps arrêté, les existences vives,

 

dans les saisons tragiques et les coups de hasard,

 

c’est toi qui m’accompagnes, c’est toi que je veux voir.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:47

N1764.jpg

 

des forêts d’histoire à travers lesquelles se lèvent des aubes presque violettes

ces fulgurances douces à travers le bâillon des troncs

les mousses où sont couchées les feuilles

tout deviendra brun, tout ce qui est lumineux, les torches rousses des lisières

les rivières orangées des derniers hêtres

dans les lumières devinées je protège ce qui se réveille

si c’est l’hiver, qu’il soit éveillé

 

devant, la forêt

derrière elle des lumières.

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 21:39

Ah… vous êtes seule, au bord de cette falaise hallucinante qui vous tend les bras, seul comme au début du monde, ou à la fin, seule comme une commette -sauf que sensible, consciente-, seul autant qu’on peut l’être lorsque les autres ont tourné le dos, non par dépit, non par mépris, mais par pure inconscience, occupé de leur vie à eux, de leur vie à deux, de leur film du soir, seule avec votre fin du monde et les bras mille fois blessés qui pendent à vos côtés, dans les extrêmes ultimes de cette solitude qui vous pendait au nez, ah on vous l’avait bien dit… - non, on avait dit quoi ? Car ce qu’on avait dit n’a pas le moindre impact alors que votre commette, elle, s’apprête à enfoncer son nez supersonique dans les entrailles rocheuses de la terre, et finalement oui, c’est cette dernière image qui vous sauve, les entrailles rocheuses de la terre, qui viennent accueillir dans leur lit sauvage et dur votre corps mutilé, votre corps oublié, celui dont si doucement vous aviez pris tant de soin, celui à qui vous avez donné la douceur, l’extase, la consolation et le droit à l’oubli, votre corps se réfugie pour une nuit de plus dans les draps rudes des rochers de la terre, dans ses rides arides, dans ses rus asséchés, car la terre s’émeut autant que le ciel autant que rien, la terre ne s’émeut pas, pas plus que vous, pas plus que l’immense et éternelle indifférence de toute les espèces.

 

Seule au bord du gouffre, aspirée par les souffles des pentes, tomber dans la nuit c’est le mieux, on ne voit rien arriver, on ne sent pas ce que nos yeux ignorent, ou alors c’est plus doux, tomber parmi les plans des montagnes croisées, les plans croisés pour la dernière fois, tomber c’est une merveille, après tous ces sourires qui donnent sur le vide, tous ces croisements imperméables et ces douleurs isolées, qu’ai-je pu faire moi ? Qu’ai-je pu, pour éviter le vide, lorsque d’autres bien plus seuls ne croyaient plus, bien avant, à rien.

 

Tomber facilement, même avec un grand cri, même silencieusement, puisque demain est encore une probabilité.

 

 

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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