Chers amis de la poésie,

Soyez les bienvenus pour échanger poèmes, textes courts et idées pour ateliers d'écritures : mettez-les en commentaires, tous ceux qui colleront bien à l'esprit du blog seront transformés en articles "invités" et publiés. 

Mots privilèges : fantaisie, bienveillance, ouverture d'esprit, chant, résistance, sensations, au-delà, couleurs, peinture, anti-conformisme, force, intelligence, transmission, beauté, musique, et tant, tant d'autres aussi beaux...

"Music is the best" - Franck Zappa

" En pays de plaine, traffic de collines. C'est la règle." Henri Michaux - Poteaux d'Angle
Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 18:35


Un colibri vert et un tambourin battent, légers, les ailes du matin

mes pensées emmêlées à la grammaire du jour

décryptent, en attente

une attente lente aux réveils inattendus

sur la toile patiente de la mise en sommeil

espoir de la fraicheur et d’une autre chaleur, plus douce

plus fondamentale

l’œil d’un voyage loin, loin, douloureux

tu es ma blessure mon silence ma digue

la braise que, préhistorique, je veille

souhaitant tout haut ton bonheur et ta joie

creusant pour que la tendresse nous abrite.

 

Par Bojoy
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 11:59
Quand le silence tombe, noir, nuit, la cohorte des fleurs s’ennuie, sous la fenêtre et le ciel bas, elles imaginent un autre jour, un jour peu avare en bruit,

quand le silence descend comme une poudre une poussière, pose son linceul apaisant sur les pierres chaudes du perron, puis sur tout le jardin, son drap invisible, un coton transparent

un enfant a joué un instant avec trois pièces rondes, posées maintenant sur la table basse près de la cheminée, les pièces sont comme des creux dorés dans le bois de la table, que le silence a déposés là pour donner la réplique aux lumières jouées dans l’âtre

finalement ça fait dans ce décor rouge sombre des reflets d’or, finalement c’est beau, outre le silence et l’immobilité

le rideau n’a pas bougé

le silence ne laisse pas place à la moindre brise qui viendrait soulever le voile, le silence ne tolère pas d’antagoniste, il règne indivisiblement, il se la joue

des oies transitent sur l’allée centrale, une espèce de voie lente réservée aux palmipèdes, en balançant rythmiquement leur derrière plumé, des oies blanches sur la campagne verte,

depuis la fenêtre on les voit, ainsi que le jardin jauni qui descend jusqu’aux bois, puis la piste d’atterrissage pour les objets volants, ceux que ma mère lançait lorsqu’elle était parmi nous et qui retombent encore, parfois, depuis le temps…

cette maison est vraiment une drôle de construction, une imperfection sublime, une inhabitation confortable et mystérieuse où les azulejos se jouent de la lumière, où ils éclairent le silence par intermittence et où les fenêtres, larges, baignent le silence en laissant glisser dans les pièces de longs rayons de lune ou de soleil, selon que de jour ou de nuit

une silhouette brune est assise sur le mur, près du saule, une ombre pétrifiée repliée sur le soir, si c’est le soir, qui pense peut-être ou ne pense pas, qui s’appelait Joseph et était de passage ce soir de mille neuf cent quatre vingt trois

joseph est tombé dans la marre, sous le saule, après avoir bu plus que de raison, chanté de sa grosse voix cassée pendant des heures interminables où la nuit n’osait pas s’installer, où même les oies, pourtant maîtresses, prudemment restaient à l’écart

joseph a chanté, puis basculé, et l’homme s’est noyé sans se débattre, pourtant la marre est petite

ridiculement petite

c’est tout juste si, mais il s’y est noyé…

tellement rapidement, la maison ce soir-là regorgeait dégorgeait, partout des ombres riantes l’occupaient, et même le jardin, mais il se noya aussitôt tombé, il faut croire, puisqu’il était déjà tout à fait mort lorsque nous le remontâmes avec beaucoup de peine,

il était gros

le coucou aimait bien nous lancer son appel depuis la forêt lointaine, du haut de son grand chêne, et le hibou lui répondait

du moins c’est ce que nous disions aux enfants, les enfants

ils ont laissé les pièces

quand ?

il y a longtemps qu’elles sont là, immobiles et poussiéreuses, je ne veux pas les toucher, je ne veux rien toucher

pas un poil du fauteuil qui recevait nos culs, nos culs d’enfants, puisque moi aussi, il n’y a pas si longtemps ?

quelle importance, mais ce fauteuil mériterait la médaille de la longévité, de la patience et de la rondeur accueillante, puisqu’il me plaît tellement de lui prêter une âme, une intention, une bonne intention, une bonté spéciale envers les enfants

jamais le fauteuil ne nous a trahi, il a servi jusqu’au dernier parti

me voilà revenu

mémé disait que pendant la guerre, on voyait les soldats passer au loin, puis ils ont monté leur campement dans le champ en bordure du jardin, puis un gradé plus hardi que les autres a ordonné l’investissement et la maison a recueilli les hommes en toile à sac, leurs rangers boueux, leurs paquetages

elle en a pris un coup mais avec de la chance elle s’est vite remise et n’a gardé de leur passage que les marques des chaussures et des crosses de fusils sur le plancher tendre, trop tendre

certains ont dit que Joseph et ma mère… tout comme ma grand-mère et ce soldat,

à moi le plancher me paraît dur comme de la pierre, il fend d’ailleurs par endroit, il peut tenir des siècles si on vient l’habiter mais qui viendra

il lui faudrait des femmes en pantoufles de laine, des enfants en chaussettes courant dans l’escalier, des bouquets d’anémones quand la saison les fait, des brassées de lilas et les parfums par la fenêtre ouverte,

il lui faudrait des hommes qui font ployer les femmes sur le plancher même parfois, lorsque la passion les réveille et que les femmes émerveillées profitent du moment en complicité avec la maison

après elles se tournent contre le bois, ferment les yeux et caressent longuement de leur main tendre une fesse ou une main restée à leur portée

il faudrait l’attendrir, ce plancher

il lui faudrait des vies, entières et passagères, des vies qui, sans même y penser, rangeraient les trois pièces, essuieraient la cendre dans l’âtre et chasseraient le silence, sans s’en apercevoir, comme ça, en donnant un coup de balai

finalement, du bout des doigts je touche à tout

c’est une drôle d’histoire de revenir en enfance, et pour revenir vraiment, je pousse un cri strident et saute dans le fauteuil, confiant

un nuage de poussière m’asphyxie pendant qu’avec un craquement sinistre et pitoyable le fauteuil s’écroule sous moi dans un vacarme épouvanté.

Voilà pour le silence et l’immortalité !

Par Bojoy - Publié dans : Textes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 18:44


ils sont allés 

visiter les rois fous 

caresser la gorge tendue des loups 

nus jusqu’à l’os 

edentés lobotomisés 

ils ont plongé leurs doigts dans l’acide 

perdu ce qui leur restait à perdre 

hurlé du haut des forteresses 

le vent a passé dans leurs pupilles 

arrachant tout 

et racines et mémoire et tombeaux grands ouverts 

ils pourront rire au moment de pleurer 

sans penser à rien 

ils pourront manger la terre et bâtir le tumulte 

crever les yeux des chats qu’ils surprendront la nuit 

et s’arracher le cœur en même temps que l’ennui 

confondre à l’ombre leur lumière 

 

on ne joue pas à tuer son frère. 

Par Bojoy - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 13:48

Le début du temps,

lentement tout bascule, un homme se plie

une fenêtre claque des mains dessus le vide

encore est la lumière encore le jour

un homme encore s’articule à grands gestes

déploie ses profils, se court après

mais bordel bernadette où as-tu encore rangé mon identité.

des tranches de nuit taillées

l’oeuf dur en hologramme

auraient-ils rêvé

quand ils ont dit que les façades ici sont

dangereuses

qu’elles attaquent les femmes seules

et les chiens

que les verres de whisky battent comme des coeurs

que des travelling entiers se détachent des avenues

que les boulevards s’entrechoquent

ont-ils rêvé.

d’où tire-t’on cette énergie bouffonne

traversée de la ville aux brumes de cinq heures du matin

pissant sous la pluie accroupi au fond d’une impasse

heureux d’une étoile entre ciel

d’un orage entre silence

que les grandes jupes du tonnerre nous foudroient

que les palmiers s’enflamment

que d’écheveaux nerveux

aux portes des églises, vides

electriques

où s’emmène-t’on à grand souffle court

puissants désespérés

arrachant à pleines poignées le goudron fumant

les dents plantées dans les yeux, mon amour

mi-fauves et mi-reptiles

désutilisés.

Par Bojoy - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 12:26


Sous la poussière
les branches des abricotiers
lourdes et basses

mes cheveux t'ont apporté des fruits orange
pris dans les feuillages
et cette chaleur sèche et salée

au large nous irons jeter
le noyau sage de leur chair
voir s'il flotte et nous envoler
comme nous savons si bien le faire

libre saison
où l'homme qui marche au dehors
cherche le vent
levant son nez

libre équilibre
où l'homme s'allonge
laissant monter la pluie
sous ses paupières

et le monde en appui sous la plante de ses pieds
le monde écervelé sous son dos
pour toutes les années
qu'il peine à vivre.
Par Bojoy - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 11:57
 

Je t’espère qui transparaît

Je te contemple qui affleure

 

Et ces mots là

Qui nous assemblent

 

toi qui dis nous

nous qui venons.


Par Bojoy - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 11:08
A tenir le monde derrière ses yeux, l'homme se retire...

La maison dans les pentes n'est pas une maison. Qu'est-elle ? Un rêve, un moment privilégié, précieux, unique...

Que représente-t-elle pour toi ?

Son jardin reste secret, inachevé, vivant. Tout en lui est vivace, les fleurs, les herbes et puis nos traces...

De l'idée à la ruine, la maison dans les pentes existe bien, mais elle est un symbole, une image, un instant...
Par Bojoy - Publié dans : Ateliers d'idées
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Catégories

Derniers Commentaires

Recherche

Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus