Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 10:48


Aujourd'hui, mes amis, de l'émotion. De la vie. De la tempête. Dans ces jours de grande incertitude (encore elle !), pour nos chômeurs, nos enfants, nos éleveurs laitiers, tous ceux-là et les autres qui en bavent quotidiennement, je choisis de parler d'amour (quoi d'autre !) et de me montrer généreuse. Avec l'autre. Donner. C'est bon ! Puis, je vous ferai connaître mon dernier poème en hommage aux paysans qui jettent le produit de leur labeur ces jours-ci, parce qu'ils sont au bout du rouleau. Puissiez-vous ressentir, partager, comprendre, et que cela vous plaise !

Ne vous inquiétez point, ne me suis point convertie, suis toujours aussi rebelle et anti-conformiste, et rock&roll, et le premier qui m'appelle Soeur Teresa je l'aligne.

Voici un texte ancien (3 ans tout pile !), ce genre de texte à la fois intemporel et prémonitoire :
(dédié à l'ami Philippe qui nous a quittés il y a -déjà- quelques années).

 

 

The other one

 

 

L’autre. Posé en icône, en miroir, là, en face, devant, tourné vers toi. Réel ou imaginé. Te ressemblant. BIENVEILLANT.

 

La qualité d’un regard qui te suit et réagit à toi, le réveil étonné de surprise enfouie, la connivence.

 

L’attention portée à une phrase prononcée doucement, comme si elle te souriait. T’invitait à poursuivre, et même te laissait libre de suspendre.

 

Une présence toute en écoute. L’autre. Alter ego. Une énorme insignifiance, une GRÂCE.

 

Je suis allongée dans les draps bousculés, un stylo à la main. Quelques voitures passent devant la maison. Je cherche un refuge. Au bord d’un vide passager, je me retiens. Je cherche à comprendre, à transformer. Je ferme les yeux en formant un sourire. Des nuages parfois font baisser la lumière. Le vent brasse dans les branches. J’embrasse le vide immense, reconnaissante, cherchant un tremplin.

 

La fatigue peut venir de transitions hâtives, je voudrais l’éviter. Nous avons tous les enfants de cette terre à porter, à pousser, à accompagner, et nous voulons le faire bien. Ca demande du temps et nous, qui nous porte, nous accompagne ? Pourquoi notre intérêt, notre attention, pour l’autre sont-ils aussi une réduction, une mise au point ? Comment aimer l’autre et pourtant, comme si cet amour pouvait être bénéfique, biologique, recyclable, uniquement bienfaisant, lui laisser toute son intégrité, le laisser respirer. Comment transformer –sublimer- notre amour en encouragement ? Comment aimer sans polluer ?

 

Tant d’hommes, tant de vie, et tant de façons de vivre sa vie. Que veux tu ? Que veux tu ? Mais dis, qu’est-ce-que tu veux ?

 

Celui qui donne de lui, tend un miroir, suscite, celui-là est comme un ange gardien, libéré et libérateur. Comme une muse. Bon à chanter. Oh… yeah.

 

Je veux. Tendre la main. Regarder par dessus ton épaule et voir ce que tu vois. Te toucher. Garder ce moment tranquille où tu me manques pour arrêter sur lui la vie. M’arrêter. Apprécier. Et me tourner vers mes proches pour faire RICOCHET, donner ce que tu m’as donné, veiller et profiter.

Toucher ta main. Gagner ta confiance. Savourer.

 

Les enfants sont les tiens, les hommes sont à toi, la vie nous a donné tout ca, nous ne sommes qu’un. Ou, si rien n’a de sens, nous nous serons aimés, dans notre cage ouverte, nous aurons eu peur les uns des autres, nous aurons voulu. Au diable les histoires, les mensonges, les incertitudes, notre corps en est composé, comme une distillerie folle, à 95%. Vive les histoires, les mensonges, les incertitudes, le café sucré, le melon juteux, la première cigarette, les montagnes sous le ciel, ton ombre sur la route, ta loyauté, ta gourmandise. Bon voyage, que ton pas te ramène jusqu’à nous, que dans ton regard et ton sourire revienne toujours la bienveillance.

 

Oh… yeah.

 


Et pour les paysans :

  

L’étoile du vacher

15 septembre 2009

 

Un troupeau de génisses dort sous la voie lactée

il fait si beau ce soir mais la nuit est glacée

que l’été se finisse sur les hameaux soucieux

aujourd’hui paysans, demain voués à quels cieux

 

tu peux donner ton flanc à l’homme qui le caresse

et ton lait généreux à ses mains en confiance

depuis longtemps déjà lui et d’autres ne cessent

de s’occuper de toi dans une sage alliance

 

la montagne a chanté au long de son histoire

ses paysages changent façonnés par les hommes

demain qui prendra soin de ses voies ses couloirs

quand le pays se meurt des lois dont on l’assomme

 

dans le chaos léthal de la consommation

hommes et bêtes contraints aux ressources épuisées

qui donc s’acquittera des traites et fenaisons

qui donc aura la tâche de nourrir et soigner

 

donnez aux terres aux bois vos mains et puis vos veines

au ciel tout votre espoir à l’eau votre jardin

comment garder l’amour pour la vie que l’on tient

quand il ne suffit plus à conserver la sienne

 

dorment les hommes aux fermes, les foyers sont éteints

demain nous serons mille à rallumer le feu

paysans riverains, picatios, africains,

il est temps que d’ensemble nous accordions nos vœux.

Par Bojoy - Publié dans : Textes
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n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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