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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:35


Un colibri vert et un tambourin battent, légers, les ailes du matin

mes pensées emmêlées à la grammaire du jour

décryptent, en attente

une attente lente aux réveils inattendus

sur la toile patiente de la mise en sommeil

espoir de la fraicheur et d’une autre chaleur, plus douce

plus fondamentale

l’œil d’un voyage loin, loin, douloureux

tu es ma blessure mon silence ma digue

la braise que, préhistorique, je veille

souhaitant tout haut ton bonheur et ta joie

creusant pour que la tendresse nous abrite.

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:59
Quand le silence tombe, noir, nuit, la cohorte des fleurs s’ennuie, sous la fenêtre et le ciel bas, elles imaginent un autre jour, un jour peu avare en bruit,

quand le silence descend comme une poudre une poussière, pose son linceul apaisant sur les pierres chaudes du perron, puis sur tout le jardin, son drap invisible, un coton transparent

un enfant a joué un instant avec trois pièces rondes, posées maintenant sur la table basse près de la cheminée, les pièces sont comme des creux dorés dans le bois de la table, que le silence a déposés là pour donner la réplique aux lumières jouées dans l’âtre

finalement ça fait dans ce décor rouge sombre des reflets d’or, finalement c’est beau, outre le silence et l’immobilité

le rideau n’a pas bougé

le silence ne laisse pas place à la moindre brise qui viendrait soulever le voile, le silence ne tolère pas d’antagoniste, il règne indivisiblement, il se la joue

des oies transitent sur l’allée centrale, une espèce de voie lente réservée aux palmipèdes, en balançant rythmiquement leur derrière plumé, des oies blanches sur la campagne verte,

depuis la fenêtre on les voit, ainsi que le jardin jauni qui descend jusqu’aux bois, puis la piste d’atterrissage pour les objets volants, ceux que ma mère lançait lorsqu’elle était parmi nous et qui retombent encore, parfois, depuis le temps…

cette maison est vraiment une drôle de construction, une imperfection sublime, une inhabitation confortable et mystérieuse où les azulejos se jouent de la lumière, où ils éclairent le silence par intermittence et où les fenêtres, larges, baignent le silence en laissant glisser dans les pièces de longs rayons de lune ou de soleil, selon que de jour ou de nuit

une silhouette brune est assise sur le mur, près du saule, une ombre pétrifiée repliée sur le soir, si c’est le soir, qui pense peut-être ou ne pense pas, qui s’appelait Joseph et était de passage ce soir de mille neuf cent quatre vingt trois

joseph est tombé dans la marre, sous le saule, après avoir bu plus que de raison, chanté de sa grosse voix cassée pendant des heures interminables où la nuit n’osait pas s’installer, où même les oies, pourtant maîtresses, prudemment restaient à l’écart

joseph a chanté, puis basculé, et l’homme s’est noyé sans se débattre, pourtant la marre est petite

ridiculement petite

c’est tout juste si, mais il s’y est noyé…

tellement rapidement, la maison ce soir-là regorgeait dégorgeait, partout des ombres riantes l’occupaient, et même le jardin, mais il se noya aussitôt tombé, il faut croire, puisqu’il était déjà tout à fait mort lorsque nous le remontâmes avec beaucoup de peine,

il était gros

le coucou aimait bien nous lancer son appel depuis la forêt lointaine, du haut de son grand chêne, et le hibou lui répondait

du moins c’est ce que nous disions aux enfants, les enfants

ils ont laissé les pièces

quand ?

il y a longtemps qu’elles sont là, immobiles et poussiéreuses, je ne veux pas les toucher, je ne veux rien toucher

pas un poil du fauteuil qui recevait nos culs, nos culs d’enfants, puisque moi aussi, il n’y a pas si longtemps ?

quelle importance, mais ce fauteuil mériterait la médaille de la longévité, de la patience et de la rondeur accueillante, puisqu’il me plaît tellement de lui prêter une âme, une intention, une bonne intention, une bonté spéciale envers les enfants

jamais le fauteuil ne nous a trahi, il a servi jusqu’au dernier parti

me voilà revenu

mémé disait que pendant la guerre, on voyait les soldats passer au loin, puis ils ont monté leur campement dans le champ en bordure du jardin, puis un gradé plus hardi que les autres a ordonné l’investissement et la maison a recueilli les hommes en toile à sac, leurs rangers boueux, leurs paquetages

elle en a pris un coup mais avec de la chance elle s’est vite remise et n’a gardé de leur passage que les marques des chaussures et des crosses de fusils sur le plancher tendre, trop tendre

certains ont dit que Joseph et ma mère… tout comme ma grand-mère et ce soldat,

à moi le plancher me paraît dur comme de la pierre, il fend d’ailleurs par endroit, il peut tenir des siècles si on vient l’habiter mais qui viendra

il lui faudrait des femmes en pantoufles de laine, des enfants en chaussettes courant dans l’escalier, des bouquets d’anémones quand la saison les fait, des brassées de lilas et les parfums par la fenêtre ouverte,

il lui faudrait des hommes qui font ployer les femmes sur le plancher même parfois, lorsque la passion les réveille et que les femmes émerveillées profitent du moment en complicité avec la maison

après elles se tournent contre le bois, ferment les yeux et caressent longuement de leur main tendre une fesse ou une main restée à leur portée

il faudrait l’attendrir, ce plancher

il lui faudrait des vies, entières et passagères, des vies qui, sans même y penser, rangeraient les trois pièces, essuieraient la cendre dans l’âtre et chasseraient le silence, sans s’en apercevoir, comme ça, en donnant un coup de balai

finalement, du bout des doigts je touche à tout

c’est une drôle d’histoire de revenir en enfance, et pour revenir vraiment, je pousse un cri strident et saute dans le fauteuil, confiant

un nuage de poussière m’asphyxie pendant qu’avec un craquement sinistre et pitoyable le fauteuil s’écroule sous moi dans un vacarme épouvanté.

Voilà pour le silence et l’immortalité !

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 16:44


ils sont allés 

visiter les rois fous 

caresser la gorge tendue des loups 

nus jusqu’à l’os 

edentés lobotomisés 

ils ont plongé leurs doigts dans l’acide 

perdu ce qui leur restait à perdre 

hurlé du haut des forteresses 

le vent a passé dans leurs pupilles 

arrachant tout 

et racines et mémoire et tombeaux grands ouverts 

ils pourront rire au moment de pleurer 

sans penser à rien 

ils pourront manger la terre et bâtir le tumulte 

crever les yeux des chats qu’ils surprendront la nuit 

et s’arracher le cœur en même temps que l’ennui 

confondre à l’ombre leur lumière 

 

on ne joue pas à tuer son frère. 

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 11:48

Le début du temps,

lentement tout bascule, un homme se plie

une fenêtre claque des mains dessus le vide

encore est la lumière encore le jour

un homme encore s’articule à grands gestes

déploie ses profils, se court après

mais bordel bernadette où as-tu encore rangé mon identité.

des tranches de nuit taillées

l’oeuf dur en hologramme

auraient-ils rêvé

quand ils ont dit que les façades ici sont

dangereuses

qu’elles attaquent les femmes seules

et les chiens

que les verres de whisky battent comme des coeurs

que des travelling entiers se détachent des avenues

que les boulevards s’entrechoquent

ont-ils rêvé.

d’où tire-t’on cette énergie bouffonne

traversée de la ville aux brumes de cinq heures du matin

pissant sous la pluie accroupi au fond d’une impasse

heureux d’une étoile entre ciel

d’un orage entre silence

que les grandes jupes du tonnerre nous foudroient

que les palmiers s’enflamment

que d’écheveaux nerveux

aux portes des églises, vides

electriques

où s’emmène-t’on à grand souffle court

puissants désespérés

arrachant à pleines poignées le goudron fumant

les dents plantées dans les yeux, mon amour

mi-fauves et mi-reptiles

désutilisés.

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:26


Sous la poussière
les branches des abricotiers
lourdes et basses

mes cheveux t'ont apporté des fruits orange
pris dans les feuillages
et cette chaleur sèche et salée

au large nous irons jeter
le noyau sage de leur chair
voir s'il flotte et nous envoler
comme nous savons si bien le faire

libre saison
où l'homme qui marche au dehors
cherche le vent
levant son nez

libre équilibre
où l'homme s'allonge
laissant monter la pluie
sous ses paupières

et le monde en appui sous la plante de ses pieds
le monde écervelé sous son dos
pour toutes les années
qu'il peine à vivre.
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 09:57
 

Je t’espère qui transparaît

Je te contemple qui affleure

 

Et ces mots là

Qui nous assemblent

 

toi qui dis nous

nous qui venons.


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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 09:08
A tenir le monde derrière ses yeux, l'homme se retire...

La maison dans les pentes n'est pas une maison. Qu'est-elle ? Un rêve, un moment privilégié, précieux, unique...

Que représente-t-elle pour toi ?

Son jardin reste secret, inachevé, vivant. Tout en lui est vivace, les fleurs, les herbes et puis nos traces...

De l'idée à la ruine, la maison dans les pentes existe bien, mais elle est un symbole, une image, un instant...
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 19:24

Quand Jajaja et Kikaki décidèrent de se rencontrer, ils se trouvaient à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. L’idée leur vint en même temps. Une impulsion leur fit lever les yeux vers le ciel jaune et se dire « C’est le moment ». Ils n’avaient pas attendu, ni espéré, c’était un peu comme s’ils avaient toujours su. L’idée fit le tour de la planète, portée par les particules de matière, se rencontra quelque part à égale distance et se mêla, se fondit pour se dissoudre et composer une particule supplémentaire dans le jaune orangé du ciel.

 

Jajaja pensa aussitôt ensuite : « Je ne sais si la terre est bleue, j’ai oublié. Mais cette planète-ci mûrit comme une orange. » Et de dévider la spirale de l’écorce dans une vision inopinée, une image involontaire de la planète orange se laissant peler. Mais Jajaja restait une jeune femme pragmatique et elle reprit aussitôt le fil de son quotidien. Elle créait un jardin à l’échelle planétaire. Depuis des années peut-être elle s’ingéniait à faire se reproduire une flore d’abord hésitante, puis consentante, au grain d’une terre étrangère ; comment appelle-t-on la terre sur une terre qui n’est pas La Terre ?

 

Et Jajaja aimait avant tout les fleurs, puis les fruits. Son travail véritable consistait à produire en esprit la fleur et son parfum, à reproduire sa forme, sa couleur, sa texture et son volume, puis son odeur et le bruit des pétales lorsqu’ils glissent les uns contre les autres. Jajaja façonnait ainsi, depuis des années, son jardin, pour le mêler à la terre orangé au gré des images qui l’emportaient. Telle était sa tâche. Elle avait ainsi peuplé un bon quart de la petite planète de ses jasmins à chair tendre, de ses camélias de blanc bleuté, anémones et lilas, bourgeons, radicelles, mousses, écorces, oh écorces…

 

Kikaki quant à lui construisait une ville. Il la dressait de verre, de sable et puis d’acier, il lançait du bout de ses doigts des lignes dans l’espace, à bout de bras, et faisait germer plans et volumes. L’acier dans la lumière orange prenait des tons violets, violents, d’une beauté électrique, et la brique. La brique dessinait à la terre des veines serpentines, sombres et tranchées, carmines. Les escaliers de Kikaki semblaient descendre du ciel, ou encore y mener, et Kikaki parfois se prenait à rêver, à cet escalier, le plus grand de tous, qu’il n’avait encore pu modeler. Pour travailler lui aussi ouvrait à son esprit tout un monde endormi et le faisait bouger, en extriquait ficelles et matériaux, soies et parchemins, toute matière enfin qui demandait à créer.

 

Sa ville avait des voiles, des échelles, des hamacs, de grands époustoufloirs où regarder l’horizon, des fenêtres canapés et téléphones à vent.

 

Jajaja et Kikaki ne furent tout d’abord pas d’accord. L’endroit idéal était pour chacun d’eux leur monde à eux, qui ses fleurs et jardins moussus, qui sa cité dressée comme une rose des sables. Ils redoutaient un peu de devoir sortir de leur domaine, ça faisait si longtemps. Ils devaient se reproduire. Une maison immense et son jardin gigantesque attendait leurs enfants. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre qu’il leur faudrait se recontrer à la fois dans la cité et au jardin. Il goûtèrent alors consciencieusement le moelleux des lichens, les fleurs aux senteurs satinées, et le majestueux silence doré du soleil pris dans le verre, du bois craquant et des allées. Ils réalisèrent que d’un jardin peut jaillir une ville et qu’une ville peut retourner à la poussière. Ils abolirent les différents et joignirent leur vision. La cuisse de Jajaja, aux commissures, avait le parfum du jasmin, le ventre de Kikaki semblait trembler comme un satin.

 

Ils attendirent, l’esprit occupé à créer cet enfant.

 

Puis Jajaja mit au monde un petit garçon. Oui, un petit garçon inoffensif, terrible, qui, un soir, exigea qu’on lui fit cent soixante seize frères et sœurs, et que ça saute, bon sang, c’est fini de rêvasser, il faut peupler maintenant !

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 19:19


Parle le mâle :

 

-       Allez, rentre ! Mais rentre donc, bon sang, tu vois bien qu'il y a de l'agitation, tu vas prendre froid, tu vois pas que c'est dangereux là dehors, mais rentre donc !

 

Il s'énerve, il passe d'une jambe sur l'autre, il piétine. Il aboie :

 

-       Si tu ne rentres pas, je vais te faire rentrer, moi, allez ! Bouge-toi donc !

 

Et de donner des coups de sa petite tête obstinée contre la tête de l'autre, de la pousser, de la tête et du derrière, ne sachant comment la forcer à rentrer. Lui mettant sa queue dans le nez, dans les yeux, pour qu'elle ne voie pas, pour qu'elle cède enfin et rentre toute sa tête qui dépasse bêtement de l'abri.

 

Elle veut voir, elle. Voudrait bien sortir tout entière, se balader, observer, parler aussi, peut-être, dire des choses, chanter. Rien d'extraordinaire, quoi. Alors elle laisse dépasser sa tête et ouvre son œil rond qui ne cligne pas, immobile comme une statue, une potiche. Elle ne bouge plus, le laisse lui crier dessus, le laisse s'énerver tant et plus.

Après tout, quoi, on dirait qu'il a peur que ne vienne un autre mâle, plus beau que lui ? Plus attentionné peut-être, plus nouveau en tout cas. Qu'elle aimerait bien voir arriver, pour comparer, pourquoi pas. Au moins pour le faire enrager ! Qu'il sache enfin pourquoi il s'obstine si fort à la faire rentrer, se terrer, s'ennuyer. Qu'il soit, enfin, si furieux qu'il s'étrangle un bon coup et qu'on n'en parle plus. Ah mais, quel idiot quand même !

 

C'est vrai, qu'il est ridicule, à crier comme ça, en donnant des coups de bec. Et surtout… il est d'un vieux jeu ! D'un conformiste ! Est-ce qu'on vit comme ça de nos jours ?

Il est vrai qu'il ne peut pas vraiment comparer, derrière ses petits barreaux, dans sa petite cage. Alors, et l'imagination ? Et la tendresse ? Il a jamais entendu parler ?

 

Enfin, je les regarde, ces fameux inséparables, rouges de gorge et verts de plumes, caquetant sec. Et je me dis qu'ils ont quelque chose, je ne sais pas, quelque chose de bien commun… de bien humain, de bien mesquin. A moins qu'ils ne parodient, qu'ils ne représentent, allez savoir…

 

Aux premières loges, moustaches aux aguets, oreilles droites, les observe aussi le chat.

 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 17:12

Etrange et familier

ton corps accaparé

au moyeu du lit

ensablé dans les draps

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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