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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 13:11

BOUQUET JY

Tumulte lointain du monde, ici il fait tiède...

Dans cette cuisine, sous la colline de Ru, je me souviens, j'avais fabriqué de la pâte de coing, porte ouverte sur la terrasse, les odeurs de la montagne descendant jusqu'à moi.

Aujourd'hui, Azée porte en elle les pétales bleus des coquelicots que tu avais offerts à une autre, l'ombre des fleurs, leur légereté aussi fragile que tes regards. Azée porte sur elle la chaleur de tes mains, et cela n'intéresse personne sauf le petit singe posé sur son épaule qui lui conte à l'oreille ses pensées saugrenues de philosophe nain.

Azée a durement fermé cette porte sur la colline, pour ne pas être tentée de revenir en vain, mais ses pensées sont tendres comme des bébés coquillages au moment où la mer descend...

... et rien jamais ne ternira cette éternité là.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 11:45

DSCN3477

Dans "Cambouis" (Seuil)

p.11 :

Travailler le banal, au contraire, c'est consciemment poser un dénominateur commun de vivre, créer une fraternité grise avec le lecteur, une sorte de communauté pauvre.

p.15 :

On ne lit pas pour apprendre une réponse mais pour savoir comment poser les questions. Disant cela, je ne me sens pas sage, juste vieux.

(...)

Oser ressasser, oser du neuf, le risque est égal.

p.24 :

Dans les pires moments, il faut se confier au temps, au devenir, même sans comprendre.

p.25 :

Le vrai risque implique que l'on ne peut gagner à tout coup. Il ne faut donc pas s'étonner de perdre, de rater. Mais, gagnant ou perdant, me restera la satisfaction d'avoir tenté, le diable compris.

p.29 :

La langue miroite -comment dire ?- à l'intérieur d'elle-même jusqu'à capter quelque chose de juste comme un reflet de la réalité.

p.42 :

Quand je date mes poèmes, je dis que je ne suis pas du jour ; j'indique un recul, une persistance. A la différence du journaliste, le poète ne travaille pas sur le vif, l'immédiat, mais sur le retour, l'insistance, la mémoire.

p.44 :

Expo Bacon et citation du peintre "Ma peinture s'adresse au système nerveux du spectateur".

Complet accord pour mes poèmes. La question n'est pas la beauté, ou de créer un plaisir disons culturel de lecture, il s'agit de mettre sous tension le lecteur, et que le poème force une connexion sur un bloc sensation/émotion/langue/mémoire qui soit au-delà de moi.

p.45 :

Même après beaucoup de travail, je n'ai pas retrouvé cette forme d'évidence brute qui vient du non-contrôle. M'en souvenir. Décidément, cette question de l'engagement est ardue. Je bute sur cette volonté qui, dans mon mode de travail, ne vient qu'a posteriori. Et ce n'est pas une questio théorique, plutôt comme si le poème était un mode mental spécifique de fonctionnement que j'ai intérêt à ne pas vouloir dominer si je veux qu'il fonctionne...

p.46 :

Il n'y a pas de conflit entre les poètes qui ne soit réglé tôt ou tard par les lecteurs. Vouloir, à soi seul, incarner la poésie est une bêtise. Même grand, un poète n'est au mieux qu'une planète dans une galaxie.

p.48 :

Il ne s'agit pas d'isoler tel rose d'une rose, même si le point de départ du poème est cet étonnement : l'arrêt devant ce rose. L'arrêt répercute seulement un oeil tapissé de pétales. On ne s'élève pas vers une abstraction de fleur, on descend plutôt à travers une couche épaisse de présences mémorisées.

Alors pourquoi ce jour cette rose, et non pas hier ou demain ? Je ne sais pas, mais cela ne semble pas tenir à la rose elle-même, c'est plutôt l'oeil qui demandait la rose en contrepoint ou dans la suite du tout autour.

Je dis rose, mais ce pourrait être vent, froid, lessive, boeuf-carottes, morceau de musique, claquement de porte ou pantoufles descendant l'escalier... le déclic est du m^me ordre dans la langue.

Voilà pourquoi il n'y a pas de différence notable entre la floraison de la glycine et un bus calciné par un attentat, une décapitation et marcher dans du gravier blanc. Cela peut sembler étrange, mais le processus poétique est strictement le même. Est-ce à dire que tout événement, toute sensation est possiblement poème ? En théorie, sans hésiter, oui. Individuellement, non, parce que chaque poète a sa méoire, avec des secteurs propices à la parole et d'autres non. L'espace interne n'est pas infiniment ouvert. Et il n'est pas sûr qu'une démarche forcée de dé-limitation, de dépassement, soit la meilleure. Le poète peut parfaitement continuer à creuser les mêmes zones sensibles tant qu'elles insistent et pèsent sur la langue, sans qu'il sache pourquoi. La glycine, recommencée, parce qu'elle est là, parce que je suis là. Donc, glycine, encore.

p.57 :

Le poème se déclenche lorsque l’expérience, de manière assez obscure, il faut l’avouer, vient charger le mot, l’électriser, lui donner nécessité d’être sur la page.

(...) En fait, tout le monde attend : les mots, les choses et le poète. On ne sait pas ce qu'on attend, quelque chose comme Godot qui va électrifier le circuit, rendre nécessaire, urgent d'écrire. Godot, c'est l'émotion.

p.59 :

La pensée pose son objet puis le développe dans une réflexion construite. Le poème, lui, se lance sans savoir, et avançant, construit son objet ou son enjeu. Ce n’est pas que la poésie ne puisse pas se penser, c’est que la pensée sera toujours en retard sur la poésie.

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 11:00
 
Graines-Tryptique.jpg Dans "Elsa"
 
Toutes les paroles du monde quand à la fois je te les aurai données
Toutes les forêts d'Amérique et toutes les moissons nocturnes du ciel
Quand je t'aurai donné ce qui brille et ce que l'oeil ne peut pas voir
Tout le feu de la terre avec une coupe de larmes
La semence mâle des espèces diluviennes
Et la main d'un petit enfant
Quand je t'aurai donné le caléidoscope des douleurs
Le coeur en croix les membres roués
L'immense tapisserie des hommes martyrisés
Les écorchés vivants à l'étal suppliciaire
Le cimetière éventré des amours inconnues
Tout ce que charrient les eaux souterraines et les voies lactées
La grande étoile du plaisir dans l'infirme le plus misérable
Quand j'aurai peint pour toi ce vague paysage
Où les couples se font photographier dans les foires
Pleuré pour toi les vents chanté que mes cordes en cassent
La messe noire de l'Adoration perpétuelle
Maudit mon corps avec mon âme
Blasphémé l'avenir et banni le passé
Fait de tous les sanglots une boîte à musique
Que tu oublieras dans l'armoire
Quand il n'y aura plus de rossignols dans les arbres à force de les jeter à tes pieds
Quand il n'y aura plus assez de métaphores dans une tête folle pour t'en faire un presse-papiers
Quand tu seras lassée à mourir du culte monstrueux que je te voue
Que je n'aurai plus ni voix ni ventre ni visage et les pieds et les mains sans place pour les clous
Quand les verbes humains auront tous dans mes doigts brisé leur verre
Et que ma langue et mon encre seront sèches comme une station expérimentale pour les fusées interplanétaires
Et les mers n'auront plus laissé derrière elles que la blancheur aveuglante du sel
Si bien que le soleil ait soif et la lumière sur ce parquet de trémies oscille
Le schiste éteint le firmament amorphe et l'être à jamais épuisé de métamorphoses

J'inventerai pour toi la rose
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 16:41

N1866.jpg 

 

Venue au monde / Qui là-haut

021112

le ciel fait avancer ses nuages de ligne

ses grands aiguillages météorologiques

moi je suis sur le toit

de l’aéroport

 

j’observe les fractures, la danse des galettes,

vaisseaux interminables aux lenteurs

sidérantes

 

enfin que sont ces mouvements qui résistent là-haut ?

 

je saute à l’élastique

je demande du temps

troupeaux, marées, mon stylo est froid mon encre se fige

 

des lichens verts brillent sur les rochers, on dirait un tapis

phosphorescent

les crêts fument, je pose mon livre, je le laisse,

les crêts fument, un chevreuil détale

une perdrix, un faucon

 

qu’est ce que le monde a donc oublié

qui existe là-haut ?

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 21:44

 

salins neigeux des clos

jour au bords blancs des champs

géométrie, parcelles, pierrailles, coulées,

fouets vains des éléments

 

DSCN7363

de grands chevaux tranquilles

ne croyez pas qu’ils dorment

rêvent d’éléphants, d’indiens,

ou de cornes de brume

 

sonnez, orgues des vents furieux, incessants

sonnez vos cascades où les glaciers

d’un ciel en paix reposaient autrefois

géomiettes d’histoire

 

remettez mon esprit au blanc

je suis venue pour oublier

ce qui fut, ce qui fut tentant

 

pas question de repartir ce soir.

 

1er novembre 2012

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:47

Madeleine 020110

Tu as du partir toi de ton côté, vers la montagne ? Je te le souhaite.

Moi j'ai écris ce truc là, et maintenant je me dis que je vais partir mais je sais pas pour où. Je vais partir, j'ai envie de coucher dehors, c'est pas la bonne saison, bon.
Je suis si triste que les lampadaires pleurent.

Je n'attends tellement plus rien de personne ni de rien que je ne sais pourquoi je mange, pourquoi je respire, j'arrive pas à vivre sans affection, et mes amis sont bien gentils mais...

Je vais aller là où personne ne m'attend. Partout. Nulle part.

La vie me fait chier, à me demander sans arrêt d'être forte, et insensible.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:48

RandonneeJourneeBauges

 

passe aigüe, ne chute pas, tes jambes en Italie, l’œil du Viso

 

je te suis, là où tu glisses, là où tu tombes, le rire dans tes yeux, tes bras qui t’élargissent,

la neige est translucide, tes ongles lisses

tu me renverses tu me plaques

et je me sens si bien que les pentes s’inclinent

 

sous la neige nous trouvons les feuilles oranges et jaunes

les mélèzes te cachent

le paysage fond

 

si le soir qui vient nous trouve sur les crêtes

nous irons dormir au refuge

tu me tiendras à travers les regards de la nuit

sous les glaciers bruyants

que ton étreinte chaude

fera taire

 

je t’aime, ton esprit me comble

lorsqu’il me caresse par ta bouche

 

laisse moi venir, laisse moi prendre tes bras, tes mains, tes jambes, laisse moi

te faire cadeau, laisse moi

dire au-delà de tout que nous n’avons pas peur.

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 20:15

Ce soir, cadeau. 

Dédicacé à toutes mes amies, cette poignée de femmes que j'aime tant...

Cadeau offert à moi par mon éditeur ABATOS, qui est comme un musicien pour un chanteur...

Salam et les mots... Joëlle

 

donner-corps.jpg

 

 

donner-corps-2.jpg

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:58

DSCN4138

 

Les nuages dorment, leurs laines à l’estive

troupeaux calmes

 

la lune découpe des chardons glacés

aux arrêtes des havres

 

que sommes nous, matière vivante en évolution

ganses saisonnières

 

la parole bleutée du bord de mer en rives de nuit

 

le souffle aphone du monde à sa révolution

 

nous sommes les yeux d’aigles

curieux de tout ce  à quoi ils survivent

 

nos aires de vieux motels de bord de vie

nos routes où nous mourrons selon les pointillés

 

dans ce cadeau ce piège

parfois une main ouverte où l’on pose sa joue

où oser respirer nous emplit de bonheur

sommes nous donc si fous ?

 

________________________________________

 

 

J’écris pour toi dans les rideaux d’hiver

de ces nuages froids qui s’abouchent à l’envers

je puise dans ta main ces redoux hors saison

toute la joie du partage où tu me manques encore

 

j’écris pour nous, notre lent va et vient

je crois ce que je vois et c’est toi qui me tient.

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 19:30

DSCN7213.jpg

 

qu’est ce qu’il traine, ce ciel, dans la gueule de bois

de sa charrette à bras

qu’est ce qu’il charrie, entre les mors bleus de ses brancards

saoulé d’eau, quel charroi, quelles galères

que fait-il, de quoi se donne-t-il l’air

 

je suis là minuscule devant sa toile immense

l’oeil levé sur ses chiffons, plein de filoches

peignant des cils sur ce tableau offert

fine, tendue entre ciel et la terre

 

je regarde passer l’écheveau des histoires

l’écheveau des pensées

l’écheveau des miroirs

qui m’ont désoccupée durant toutes ces années

je regarde et repère

les sorties d’écran

prête à tout pour m’échapper

illicite et joyeuse

clandestine

dans le chariot bleu

des cieux.

 

 

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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