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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 08:46
meandres-kootenai-301969
Nous écoutons l’oud. Puisse-t-il être heureux, le musicien, heureux son cœur dur et chaud comme celui d’un grenat, sa puissance infinie, qui traverse la nuit nous portant dans les cordes de son voilier fantôme

Puisse-t-il jouer de son oud comme on joue d’un tam tam, que son rythme vienne cingler nos ventres fatigués, et nous porten...
t longtemps dans une transe rare vers l’eau sereine d’un souvenir parfait

Nous marchons dans les rus, parfois nos pas s’arrêtent et nos mains se baissent pour toucher les galets, ils sont lisses ils sont beaux, ils n’ont besoin de rien, alors que nous

Je suis seule dans la cascade, un arbre te cache, tu me regardes, je le sais, tes yeux noirs couvrent d’amour la peau nue de mon dos, et les poissons gambadent dans des vagues minuscules, des reflets que la lune leur offre ainsi qu’à toi

D’autres ont composé, visité les maisons natales, moi je n’en connais qu’une, là, sous les frondaisons, ces réseaux de canaux où mon cœur se sent libre et n’appelle que toi

C’est dans l’herbe mouillée que nous restons au monde, je rêve que tu tends vers moi tes mains d’abord si masculines qui dessinent sur moi, leurs pinceaux de douceur devenant femme, devinant femme, mon frère tu me manques, je n’ai que toi sur terre qui me comprennes ainsi, et ton absence est une dague qui fouille dans mon cœur

Je lis Bonnefoy, couchée dessus les pentes. Tant que vivre m’accueillera avec ce que je sais de ton existence, je resterai présente à cette joie

Un jour tu ne seras plus et l’indienne dans la cascade se laissera mourir au milieu des poissons lune.
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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:38

1 #$!@%!# DSCN2216

"L'être est l'absence que les apparences dissimulent."
Georges Bataille ; Le coupable - 1943

 

Sous l'arche vide de l'oubli, quelles images, sourdes, silencieuses, dans les impasses géologiques des marnes grasses, magnifiques et inquiétantes. L'impasse aux arches vides, où git, tranquille, le livre des absences.

Mots d'argile, mots de glaise. Omission, privation, carence, fugue, distance, défaillance, échappée, amnésie. Dans l'absence, il y a du choix. Pris dans le limon, les mots fondront à la première eau.

La musique sans le silence, comme sans l'absence l'être. Décider d'être absent, est-ce encore être ? Etre par défaut, à contre-jour, à contre-temps, et si l'absence fait un livre, alors elle représente.  

Registre des absences, draps d'empreintes, traces, farces... Livre vierge. Doubles, négatifs.

Tout, rien, ce qui se dit par son contraire. Ce qui se tait pour mieux se faire. Ors empourprés des terres grises, fleurs, bateaux, cendres de ce que nous sommes, un livre blanc, un oubli, une perte, un voyage.

08 octobre 2012

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 11:21

Verdon-Le-Mourre.jpg

(Le Grand Mourre - Verdon)

 

dans les champs lavés de janvier, sous son faux-jour de gel blanc
perdus perchés sur son haut col, des cascades de nuages
prêtes à dissolution

je tenais le livre à l'envers
certaine de son poids
pensant déjà à autre chose, bien au-delà
voyant la lumière de printemps au travers des nymphéas
faisant de leurs corolles des lampadaires flottants
je vois bien loin déjà, bien loin, bien au-delà
mon visage sous l'eau mes lèvres aux bols froids

la vie me garde-t-elle, elle nous accueille tous, nos yeux noyés de lueurs
changeantes prises aux ondulations de l'eau

les mots grimpent lentement depuis le livre jaune, dessus mes doigts distraits, l'intérieur de mes bras, tout comme l'eau sous la fleur,
je les sens ondoyer, les mots se jetteront dans ma poitrine rauque.

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 14:09

Chaos, ronces, hérauts de pierre

La Passa 190111

 

 LozereForever.jpg

dîtes pour moi ce que mes mains ne sculptent pas

un long chemin de pierre ses mètres inouis

ondulant comme mer des pavés messagers

des statues indolentes faisant montagne noire

à lune pleine et grosse

sa torche pétrifiée

 

je suis venue de là, sous les garripelées,

la pente y coule douce, qui se jette aux arènes

je suis ravin de tendre, diluvienne,

j’y viens rouler, me voici, je ne sais plus parler

car dire revient au même, et la belle est jouée

 

mes vains apôtres tus,

le pays déglacé,

il fait froid sur la butte où je te sens passer.

 

 

les ombres parlent entre elles, des replis aux levées.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 12:35

DSCN2999.jpg

tu guettes, que guettes-tu

tu veilles, qui veilles-tu

quel est le nuage à qui tu parles

je vois tes lèvres bouger,

quel arbre garde les images

de quand tu étais plus léger

 

les brebis mangeront-elle tes mains de sel lorsque tu tomberas

nourriras-tu une mer d’altitude

 

je tiens ton torse blessé, pourquoi viens-tu à moi si las,

je n’imagine pas ton passé, je t’aime dans l’instant, le faut-il ?

 

ces montagnes de charpentier

leurs bois leur font une cagoule

où la neige vient se blottir

 

mon aire n’est plus loin je crois,

je la cherche depuis toujours,

je crois encore t’y retrouver

 

y poseras-tu

tes ailes déployées ?

  

 La Passa, 200111

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:56

 Goutte.jpg

 

Mu / Blues du paysan - Septembre -

150910
 
joie, puis nouvelle fatigue,

ces crachins douloureux dans les hanches

des ciels encore lavés de tout, certains soirs,

 

venir à l’automne, seule,

cueillir, les jambes retenues par des ronciers

tant et tant que le silence mord

 

si longtemps ai-je plu que la source est gorgée

 

le monde a les pieds lourds et des rêves coupés

rêves de somnifères pris pour dire au revoir

que le matin tente d’expliquer,

les murs tartinés des odeurs de confitures

jeunes

 

ou bien retourner dans sa nuit,

se dire que rien n’a été compris, que rien ne veut s’éveiller,

baisser la garde et puis les bras

sentir la douleur, encore

une solitude de fonte liquide

 

un gorille malheureux,

 

le désespoir.

 

 

 N0134.jpg

Portée / Grésil - 170910

pendant ce temps les rivières sortent de leurs gonds

et le lit qu’on leur porte,

cernés d’arbres nous revivons,

après qu’aveugles nous nous sommes perdus,

 

l’écorce frère et l’habit de feuilles femelles,

le tourment de la beauté à nos yeux barbouilleurs,

gemmes des cours d’eau coudés où les trésors s’enlisent,

et selon la lumière sont d’or ou bien de brume

 

renier un monde abusif, plaquer,

seule à mourir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:12

 

DSCN2045 020410

 

Nous avons peur de tout

commandés par nous-mêmes

des ours imaginaires assis sur nos poitrines

un soleil absent qui nous pleure

 

nos troubles remontent à loin

nous aimons souffrir

danser, voilà ce qu’il nous faudrait

pour de bon, pour de bien

 

à cette femme seule qui s’assoit pour penser

un corbeau tend son aile bleue

piquée de sang.

_________________________

 

Hier, jour mort, je n’ai pas écrit

toi seul racontait dans ma tête

ces longs creux de la vie

où pas un ciel ne dort

par une douleur.

 

_________________________

 

Elle marche derrière moi

sur le parvis froid

elle pourrait être mon ombre

nous faisons le même bruit.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:44
Ciel à St Sau

Jean (adieu à un homme tendre)
150310


Ces hommes que nous sommes, apprentis passagers
les mers d’un monde immense à nos pieds négligents
l’amour qui nous porte comme un faucon le vent
et le battement bleu d’une fourche aux blés
ouvrant dans la poussière nos sourires de joie

le timbre de ta voix, les chemins qui te portent
et ceux qui mes complices te ramènent vers moi
ces étreintes volées au temps et aux effrois
où nos cœurs tremblent et meurent en lits de feuilles mortes
si vivants que j’en pleure lorsqu’en moi tu te noies

ces instants de caresses à l’aube encore glacée
qui nous rendent la vie aussi belle et blessée
si fort voudrais-je en eux vivre éternellement
les vivre une seule fois nourrit tous les instants
 tu es mon pain de jour ma farine ma soie

lorsque s’en vient le soir, à nos paumes ouvertes
c’est ton chant que j’entends, qui se donne aux oiseaux
aux arènes du ciel, de terrasses en coteaux
c’est de notre fatigue et de ses roses offertes
que le bonheur est monde, qui baigne nos émois

à nos jardins de doute fleurissent des lilas
à l’odeur de ta peau, que le temps n’éteint pas
tu cultives nos rêves je peins nos souvenirs
nous sommes prêts à tout et même à en mourir
pourvu que la nuit tombe dans le noeud de nos bras.
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 12:49

Un bon jour pour voler / Dans cette beauté
St Sauveur – 181109

L’automne s’est assombri
la neige a brûlé une première fois le bord des chemins
et sur l’asphalte a laissé son sel blanc

ce soir je suis montée sur le rocher de la fougère
de là-haut la vallée aux dernières heures paysannes cascade ses profils de collines bleues
et dans le creux de mes jambes en tailleur j’ai laissé mes mains reposer
pendant que mes yeux volaient de crête en crête, passant les ombres fumeuses des lambeaux de brume accrochés aux forêts,
jouant à voiler dévoiler les feux électriques des habitats humains
j’ai revu les prairies vibrer leurs courbes vertes aux huiles d’un soleil architecte
le velours chaud des croupes des chevaux
et la vie autonome des troupeaux attardés sur les pentes encore nourricières

j’ai revu le soleil et parcouru les images de ce jour alors qu’à l’horizon du col la nuit avalait doucement les tout derniers laitages

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 08:48


Aujourd'hui, mes amis, de l'émotion. De la vie. De la tempête. Dans ces jours de grande incertitude (encore elle !), pour nos chômeurs, nos enfants, nos éleveurs laitiers, tous ceux-là et les autres qui en bavent quotidiennement, je choisis de parler d'amour (quoi d'autre !) et de me montrer généreuse. Avec l'autre. Donner. C'est bon ! Puis, je vous ferai connaître mon dernier poème en hommage aux paysans qui jettent le produit de leur labeur ces jours-ci, parce qu'ils sont au bout du rouleau. Puissiez-vous ressentir, partager, comprendre, et que cela vous plaise !

Ne vous inquiétez point, ne me suis point convertie, suis toujours aussi rebelle et anti-conformiste, et rock&roll, et le premier qui m'appelle Soeur Teresa je l'aligne.

Voici un texte ancien (3 ans tout pile !), ce genre de texte à la fois intemporel et prémonitoire :
(dédié à l'ami Philippe qui nous a quittés il y a -déjà- quelques années).

 

 

The other one

 

 

L’autre. Posé en icône, en miroir, là, en face, devant, tourné vers toi. Réel ou imaginé. Te ressemblant. BIENVEILLANT.

 

La qualité d’un regard qui te suit et réagit à toi, le réveil étonné de surprise enfouie, la connivence.

 

L’attention portée à une phrase prononcée doucement, comme si elle te souriait. T’invitait à poursuivre, et même te laissait libre de suspendre.

 

Une présence toute en écoute. L’autre. Alter ego. Une énorme insignifiance, une GRÂCE.

 

Je suis allongée dans les draps bousculés, un stylo à la main. Quelques voitures passent devant la maison. Je cherche un refuge. Au bord d’un vide passager, je me retiens. Je cherche à comprendre, à transformer. Je ferme les yeux en formant un sourire. Des nuages parfois font baisser la lumière. Le vent brasse dans les branches. J’embrasse le vide immense, reconnaissante, cherchant un tremplin.

 

La fatigue peut venir de transitions hâtives, je voudrais l’éviter. Nous avons tous les enfants de cette terre à porter, à pousser, à accompagner, et nous voulons le faire bien. Ca demande du temps et nous, qui nous porte, nous accompagne ? Pourquoi notre intérêt, notre attention, pour l’autre sont-ils aussi une réduction, une mise au point ? Comment aimer l’autre et pourtant, comme si cet amour pouvait être bénéfique, biologique, recyclable, uniquement bienfaisant, lui laisser toute son intégrité, le laisser respirer. Comment transformer –sublimer- notre amour en encouragement ? Comment aimer sans polluer ?

 

Tant d’hommes, tant de vie, et tant de façons de vivre sa vie. Que veux tu ? Que veux tu ? Mais dis, qu’est-ce-que tu veux ?

 

Celui qui donne de lui, tend un miroir, suscite, celui-là est comme un ange gardien, libéré et libérateur. Comme une muse. Bon à chanter. Oh… yeah.

 

Je veux. Tendre la main. Regarder par dessus ton épaule et voir ce que tu vois. Te toucher. Garder ce moment tranquille où tu me manques pour arrêter sur lui la vie. M’arrêter. Apprécier. Et me tourner vers mes proches pour faire RICOCHET, donner ce que tu m’as donné, veiller et profiter.

Toucher ta main. Gagner ta confiance. Savourer.

 

Les enfants sont les tiens, les hommes sont à toi, la vie nous a donné tout ca, nous ne sommes qu’un. Ou, si rien n’a de sens, nous nous serons aimés, dans notre cage ouverte, nous aurons eu peur les uns des autres, nous aurons voulu. Au diable les histoires, les mensonges, les incertitudes, notre corps en est composé, comme une distillerie folle, à 95%. Vive les histoires, les mensonges, les incertitudes, le café sucré, le melon juteux, la première cigarette, les montagnes sous le ciel, ton ombre sur la route, ta loyauté, ta gourmandise. Bon voyage, que ton pas te ramène jusqu’à nous, que dans ton regard et ton sourire revienne toujours la bienveillance.

 

Oh… yeah.

 


Et pour les paysans :

  

L’étoile du vacher

15 septembre 2009

 

Un troupeau de génisses dort sous la voie lactée

il fait si beau ce soir mais la nuit est glacée

que l’été se finisse sur les hameaux soucieux

aujourd’hui paysans, demain voués à quels cieux

 

tu peux donner ton flanc à l’homme qui le caresse

et ton lait généreux à ses mains en confiance

depuis longtemps déjà lui et d’autres ne cessent

de s’occuper de toi dans une sage alliance

 

la montagne a chanté au long de son histoire

ses paysages changent façonnés par les hommes

demain qui prendra soin de ses voies ses couloirs

quand le pays se meurt des lois dont on l’assomme

 

dans le chaos léthal de la consommation

hommes et bêtes contraints aux ressources épuisées

qui donc s’acquittera des traites et fenaisons

qui donc aura la tâche de nourrir et soigner

 

donnez aux terres aux bois vos mains et puis vos veines

au ciel tout votre espoir à l’eau votre jardin

comment garder l’amour pour la vie que l’on tient

quand il ne suffit plus à conserver la sienne

 

dorment les hommes aux fermes, les foyers sont éteints

demain nous serons mille à rallumer le feu

paysans riverains, picatios, africains,

il est temps que d’ensemble nous accordions nos vœux.

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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