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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:46
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 19:51

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Le silence et l'immobilité pour cet instant où je vous retranscris les mots de Serge, sa tendresse, son humanité... dans ce beau printemps qui lui va bien, pour le geste qu'il fait depuis des années. Et parce qu'on sait bien que le poète est petit, celui que l'on voit en cache mille autres... Serge est l'un de ceux-là.

 

Un temps tu sais comme quand le temps

lui-même s'arrête pour écouter

que le soleil qui est de trop se tire sur la pointe

des monts bleus comme un vésuve

pour dire aux grillons qu'il est l'heure de se faire l'amour

et aux grands arbres noirs de dormir debout

sous ses lumières un peu la ville s'éveille

pour s'endormir bientôt sous les étoiles

c'est alors

que l'éternité me prend.

_____________________________

 

Le monde est

beau

hors de

l'ordure des

temps.

_____________________________

 

Un bol de lait fumant

vers les quatres heures du matin pour

une fois que le sommeil ne veut pas de moi

avec la confiture qui évidemment dégouline

un silence de fin des temps

se dire que le monde dort en occident

se rebeurrer une autre tartine

en calfeutrant mieux les trous

c'est pas une heure pour penser

lampes éteintes à ciel ouvert

pas la moindre constellation pour

me faire rêver

une putain de nuit pas dépourvue

d'un charme incertain

le bol à la lippe

pas une heure pour philosopher

mes petits chats dorment dans

les bras d'Anne

la soufflerie souffle

la confiture dégouline

le beurre se laisse beurrer.

_________________________________

 

DELIRIUM

Rêver, rêver au matin de l'amour

que j'ai bu et revu et repris

au fond des lits des paradis

évanouis qu'ils auraient pu rêver

rêver du vent dans mes doigts

qui t'enlaçaient corps et mains

sur ces rivages bronze et or

qu'ils n'osent même pas rêver

rêver......................................

....................rêver.................

rêver quand vient la nuit des cauchemards

qui portent en eux comme le temps

et les cris des mes enfants perdus

avec eux un jour je m'en irai

rêver, des enfants en guenilles

déferont ce monde où trônent

les porcs sur l'ordure des siècles

des famines et des pestes rêver

rêver............................A Dawson

des îles en cages attendent des bateaux

où s'éternisent des jours

qui nous sont comptés rêver

rêver quand ils font chanter leurs louanges

rêver que d'autres temps sont arrivés

où les morts ressortiront des tombes

avec aux yeux, toutes les fleurs

qu'ils n'avaient pu cueillir

rêver...........................rêver.................

rêver quand il gèle à pierre fendre

rêver qu'on se fout de l'été

rêver qu'en ont fini hommes et femmes

d'hiberner onze mois l'an  rêver

rêver..................................................

rêver Gavroche au fond d'un vallon frais

avec la Vénus de Boticelli pour y baiser

rêver............... à l'heure où les quasars

hantent les rêves des paléontologues

rêver rêver maintenant

rêver enfin.

____________________________________

 

LONDON - TATE GALLERY

Je ne veux pas voir Vincent

Ban Gogh ce matin, car ma tête est pleine de bruit

et mes jambes lasses. L'herbe est encore

mouillée sous mes doigts mais les arbres ne

peuvent rien contre les hurlements de la ville.

Anne-Marie est recroquevillée dans l'ombre,

la tête accrochée dans les nuages

elle est loin, tellement loin et elle pense à moi.

Mes yeux me pèsent et je ne suis plus moi

ses yeux à elle tantôt me fixent comme un

chien qu'on a frappé et vous aime encore

Londres me pèse

Mes enfants sont belles

et je suis là.

________________________________

 

Les rues sont vides

où je marche le soir

Et la pluie qui tombe

Me cache de moi.

_________________________________

 

Le bel été reviendra

et un jour, l'hiver

l'automne

Tout sera beau

Tu verras.

 

(Extraits de "Aux yeux, des rêves d'Archimède", Editions St Germain des Prés, Collection "la poésie la vie" - 1982)

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 11:26

Voici pour nous quelques pièces glanées au hasard et sans trop s'attarder sur leur "cadre", quelques chants écoutés dans la nuit, venus comme ils viennent et restés comme ils restent...

 En français, pour que tous puissent y puiser quelque eau, et en argentin pour que tout lui soit rendu. Aussi parce que c'est si beau. L'eau argentine du poète exilé.

Pour le reste, mille sites internet et tous ses livres vous en diront davantage...

Inviter Gelman alors qu'il vient de mourir, ma parole, je me prends pour le paradis !

Adios, poeta, gracias por tus palabras magicas. Qué todo te sea descanso ahora.

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LETTRE OUVERTE   

 

VI

corps qui me trembles tout entré dans l’âme/
froid qui me fait froid/petite main tienne
fontaine d’ombre/d’ombre/d’ombre/d’ombre
quelque part j’arrête ta destruction ?/

je te rejoins ?/attriste ta parole ?/
fais souffrir ton jamais ?/plus ?/jamais plus
pour moi regard de beauté ta beauté ?/
es-tu repos de ta peau ?/un très grand

dévouloir ?/m’écoutes-tu suspendant
ton passage hors de toi?/frimousse qui
illumine ton animal/ou peine ?/
vient traverser mon ciel/ comme soleil ?/


VII

te désenfantant/me désenfantant/
te poursuivant dans ta suavité/   
j’endure d’être père seul de toi/passe
la voix secrète que patient/tu tisses/

tel désâmement de mon existence/
tout petit qui volant passes à travers
les souffrances tout extrêmes de toi?/
liant ?/déliant ?/liant pour que je

n’habite pas en toi ?/m’en aille loin
de cette douleur ?/mais où ?/quel pays       
saignes-tu/ afin que chairment je saigne?/
où passes-tu ?/si triste d’être tiède ?


VIII

voles-tu hors mère en ton réconfort ?/
des ombres adoucissent ton tant mourir ?/
es-tu déjà coupé de tout ce qui
tirait ta douce âme en arrière comme

bonheur dans la main ?/chauffes-tu la nuit ?/
parles-tu sur les murs de la douleur
contre le mal ? / te dresses-tu fils ? / braise ?/
brûles-tu la nuit du bourreau ?/ es-tu ?/

cognes-tu de ton souffrir/désaimé
dissémines-tu ton feu/chaleur/tendre/
qui te donnait des sanglots d’aimer
au pied de ton tout seul ? ton compagnon ?   

   
IX

là comme pas là ?/vie que tu médites ?/
comme un autre monde ?/aimant humblement ?/
signales-tu tes passages par l’oubli ?/
arbrerais-tu tes tout petits désarbres

rien que pour ombrager ma rêverie
qui sue au feu de tes absences ?/quand ?/
m’assieds-tu à la table de ton âme ?/
me décheminerais-tu afin d’être

chemin où tu passerais comme enfant
que tu désenfantes en douleurs ?/revers
de lumière où tu te taisais beaucoup ?/
comme un chant qui tombe d’une soleil ?


X

la souffrance/est-elle défaite ou bataille ?/
réalité qui broies/es-tu compagne?        
tant de perfection te sauve de quoi?/
ne te fais-je pas mal ?/ne te juané-je ?/

te gelmané-je ?/ ne te chevauché-je
comme fou de toi ?/tien poulain qui passe
dévalorisant la mort malheureuse ?/
celle qui pleure au pied de mes mouroirs?/       

ne suis-je pas là pour te paterner?/
vas-tu m’excuser de tant te filier ?/
réel que tu subis comme accouchant/
ton souffroir/chante-t-il pour/contre moi ?/

me révèles-tu ce que je peux être ?/
m’ailes-tu/toi aile de ma fureur ?/
te dé-pouponnes-tu comme colombe
qui recherche un œil aveugle pour voir ?

 

Par la parole tu me connaîtras

 

tout l’avalanche les peines les oublis
les pénombres la chair la mémoire
la politique le feu le soleil d’oiseaux
les plumes les plus violentes les astres
les repentirs près de la mer
les visages la houle la tendresse
parfois à peine pénombrent
oublient brûlent raillent astrent
politisent ensoleillent oisellement
plument se repentent et mémorisent maréent
s’envisagent et houlent ou s’attendrissent
se cherchent et se lèvent quand ils tombent
meurent comme des substances naissent comme des substances
s’entrechoquent sont la cause de mystères
balbutient bavent se mangent se boivent
se pleuvent pour dedans aux fenêtres
se voient venir circulent dans leurs bras
finissent par donner dans la parole comme morts
ou comme vivants tournent cillent
libres dans le son pris dans le son
ils arpentent le monde humainement
n’appartiennent à personne astres mers
comme des repentirs comme des oublis
peines en feu ou politiques
pénombres de la chair oiseaux de ce visage
et l’avalanche la mémoire la houle 

 

Poco se sabe

Yo no sabía que
no tenerte podía ser dulce como
nombrarte para que vengas aunque
no vengas y no haya sino
tu ausencia tan
dura como el golpe que
me di en la cara pensando en vos

 

PREGUNTAS

Ya que navegas por mi sangre
y conoces mis límites,
y me despiertas en la mitad del día
para acostarme en tu recuerdo
y eres furia de mi paciencia para mí,
dime qué diablos hago,
por qué te necesito,
quien eres, muda, sola, recorriéndome,
razón de mi pasión,
por qué quiero llenarte solamente de mí,
y abarcarte, acabarte,
mezclarme en tus cabellos
y eres única patria
contra las bestias del olvido.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:55

"Bref, dans cette région, la vie de forestier ou de fermier, c'est du pareil au même. Le jour, ne sachant qui la manipule, on traîne sa vie au bout d'une ficelle et la nuit, la fatigue est telle, le sommeil est si lourd que l'on ne se rend même pas compte que les rêves vous ont détaché." (Fée d'hiver)

(deux fois "si", et deux fois "même" - pour le reste, Bucher, c'est tout le temps comme ça, une sorte de minus coup de foudre à chaque page). Ah, c'est si bon...

 

" Car c'est un très grand danger de voir l'estime de soi dépendre de la manière dont les autres vous considèrent...". (Fée d'hiver)

 

Lignes de partage de mots...

Présence forte de LA VALLEE SEULE, de André Bucher. Ce livre me poursuit jusque dans mes rêves... magnifiquement.

Alors j'écris pour décrire cet écho, et voici que mes mots se trouvent à la grâce de l'auteur ici ->  http://andrebucher.tumblr.com/

 Cela me fait un immense plaisir, et plus encore si ça vous donne envie de plonger dans la Vallée Seule...

Bien à vous, 

Joëlle

 LEPINDUR.jpg

  • Mise en ligne et diffusion en VOD du documentaire "André Bucher, entre terre et ciel"
    https://vimeo.com/ondemand/andrebucher
    http://andrebucher.tumblr.com


Le livre, l'éditeur : http://lemotetlereste.com/mr/ecrits/lavalleeseule/

L'actualité du livre : http://www.prix-des-libraires.fr/actualite.html

 Ecouter l'auteur : http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-andre-bucher-2013-11-26 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 20:32

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(Camargue 2011)

LE SABLE ET L'ECUME - Extraits


Oui, il existe un nirvana. On le trouve quand on mène son troupeau dans un pré verdoyant, quand on met son enfant au lit et quand on écrit le dernier vers de son poème. (Pour Pierre)


L’esprit est souvent un masque. Si vous pouviez le déchirer, vous trouveriez soit un génie irrité, soit une intelligence illusionniste.  (Pour JPN)

 

Les tortues peuvent en dire davantage sur les routes que les lièvres. (Pour JD)

 

Si vous révélez vos secrets au vent, ne lui reprochez pas de les révéler aux arbres. (Pour JG)

 

Mon père et ma mère désiraient un enfant et ils m’ont engendré. J’ai voulu une mère et un père, et j’ai enfanté la nuit et la mer. (Pour APO)

 

Quand la nuit tombe et que vous êtes aussi sombre, couchez-vous et demeurez sombre.

Et lorsque le jour se lève et que vous êtes encore sombre, levez-vous et annoncez résolument au jour : « je suis encore sombre. » Il est stupide de feindre avec la nuit et le jour. Ils riraient tous deux de vous. (Pour JPN)

 

J’aspire à l’éternité parce que j’y rencontrerai les poèmes que je n’ai pas écrits et les tableaux que je n’ai pas peints. (Pour mon père)

 

Chaque pensée que j’ai emprisonnée dans la formulation, je dois la libérer par mes actes. (Pour Pierre)

 

L’art est un pas de la nature vers l’infini. (Pour Pierre)

 

Les branches des saules s’élèvent au voisinage des chênes. (Pour Pierre)

 

Il est calme, patient et rêveur. Sa large poitrine calme mon agitation. (...) Je suis lasse, mais je ne mourrai jamais. (Pour ma mère, pour moi-même)

 

Si tu croises un bienheureux qui renonce à l’inaccessible, bien des leçons sont à tirer de son comportement. (Pour nous tous)

 

 

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 11:45

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Dans "Cambouis" (Seuil)

p.11 :

Travailler le banal, au contraire, c'est consciemment poser un dénominateur commun de vivre, créer une fraternité grise avec le lecteur, une sorte de communauté pauvre.

p.15 :

On ne lit pas pour apprendre une réponse mais pour savoir comment poser les questions. Disant cela, je ne me sens pas sage, juste vieux.

(...)

Oser ressasser, oser du neuf, le risque est égal.

p.24 :

Dans les pires moments, il faut se confier au temps, au devenir, même sans comprendre.

p.25 :

Le vrai risque implique que l'on ne peut gagner à tout coup. Il ne faut donc pas s'étonner de perdre, de rater. Mais, gagnant ou perdant, me restera la satisfaction d'avoir tenté, le diable compris.

p.29 :

La langue miroite -comment dire ?- à l'intérieur d'elle-même jusqu'à capter quelque chose de juste comme un reflet de la réalité.

p.42 :

Quand je date mes poèmes, je dis que je ne suis pas du jour ; j'indique un recul, une persistance. A la différence du journaliste, le poète ne travaille pas sur le vif, l'immédiat, mais sur le retour, l'insistance, la mémoire.

p.44 :

Expo Bacon et citation du peintre "Ma peinture s'adresse au système nerveux du spectateur".

Complet accord pour mes poèmes. La question n'est pas la beauté, ou de créer un plaisir disons culturel de lecture, il s'agit de mettre sous tension le lecteur, et que le poème force une connexion sur un bloc sensation/émotion/langue/mémoire qui soit au-delà de moi.

p.45 :

Même après beaucoup de travail, je n'ai pas retrouvé cette forme d'évidence brute qui vient du non-contrôle. M'en souvenir. Décidément, cette question de l'engagement est ardue. Je bute sur cette volonté qui, dans mon mode de travail, ne vient qu'a posteriori. Et ce n'est pas une questio théorique, plutôt comme si le poème était un mode mental spécifique de fonctionnement que j'ai intérêt à ne pas vouloir dominer si je veux qu'il fonctionne...

p.46 :

Il n'y a pas de conflit entre les poètes qui ne soit réglé tôt ou tard par les lecteurs. Vouloir, à soi seul, incarner la poésie est une bêtise. Même grand, un poète n'est au mieux qu'une planète dans une galaxie.

p.48 :

Il ne s'agit pas d'isoler tel rose d'une rose, même si le point de départ du poème est cet étonnement : l'arrêt devant ce rose. L'arrêt répercute seulement un oeil tapissé de pétales. On ne s'élève pas vers une abstraction de fleur, on descend plutôt à travers une couche épaisse de présences mémorisées.

Alors pourquoi ce jour cette rose, et non pas hier ou demain ? Je ne sais pas, mais cela ne semble pas tenir à la rose elle-même, c'est plutôt l'oeil qui demandait la rose en contrepoint ou dans la suite du tout autour.

Je dis rose, mais ce pourrait être vent, froid, lessive, boeuf-carottes, morceau de musique, claquement de porte ou pantoufles descendant l'escalier... le déclic est du m^me ordre dans la langue.

Voilà pourquoi il n'y a pas de différence notable entre la floraison de la glycine et un bus calciné par un attentat, une décapitation et marcher dans du gravier blanc. Cela peut sembler étrange, mais le processus poétique est strictement le même. Est-ce à dire que tout événement, toute sensation est possiblement poème ? En théorie, sans hésiter, oui. Individuellement, non, parce que chaque poète a sa méoire, avec des secteurs propices à la parole et d'autres non. L'espace interne n'est pas infiniment ouvert. Et il n'est pas sûr qu'une démarche forcée de dé-limitation, de dépassement, soit la meilleure. Le poète peut parfaitement continuer à creuser les mêmes zones sensibles tant qu'elles insistent et pèsent sur la langue, sans qu'il sache pourquoi. La glycine, recommencée, parce qu'elle est là, parce que je suis là. Donc, glycine, encore.

p.57 :

Le poème se déclenche lorsque l’expérience, de manière assez obscure, il faut l’avouer, vient charger le mot, l’électriser, lui donner nécessité d’être sur la page.

(...) En fait, tout le monde attend : les mots, les choses et le poète. On ne sait pas ce qu'on attend, quelque chose comme Godot qui va électrifier le circuit, rendre nécessaire, urgent d'écrire. Godot, c'est l'émotion.

p.59 :

La pensée pose son objet puis le développe dans une réflexion construite. Le poème, lui, se lance sans savoir, et avançant, construit son objet ou son enjeu. Ce n’est pas que la poésie ne puisse pas se penser, c’est que la pensée sera toujours en retard sur la poésie.

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 11:00
 
Graines-Tryptique.jpg Dans "Elsa"
 
Toutes les paroles du monde quand à la fois je te les aurai données
Toutes les forêts d'Amérique et toutes les moissons nocturnes du ciel
Quand je t'aurai donné ce qui brille et ce que l'oeil ne peut pas voir
Tout le feu de la terre avec une coupe de larmes
La semence mâle des espèces diluviennes
Et la main d'un petit enfant
Quand je t'aurai donné le caléidoscope des douleurs
Le coeur en croix les membres roués
L'immense tapisserie des hommes martyrisés
Les écorchés vivants à l'étal suppliciaire
Le cimetière éventré des amours inconnues
Tout ce que charrient les eaux souterraines et les voies lactées
La grande étoile du plaisir dans l'infirme le plus misérable
Quand j'aurai peint pour toi ce vague paysage
Où les couples se font photographier dans les foires
Pleuré pour toi les vents chanté que mes cordes en cassent
La messe noire de l'Adoration perpétuelle
Maudit mon corps avec mon âme
Blasphémé l'avenir et banni le passé
Fait de tous les sanglots une boîte à musique
Que tu oublieras dans l'armoire
Quand il n'y aura plus de rossignols dans les arbres à force de les jeter à tes pieds
Quand il n'y aura plus assez de métaphores dans une tête folle pour t'en faire un presse-papiers
Quand tu seras lassée à mourir du culte monstrueux que je te voue
Que je n'aurai plus ni voix ni ventre ni visage et les pieds et les mains sans place pour les clous
Quand les verbes humains auront tous dans mes doigts brisé leur verre
Et que ma langue et mon encre seront sèches comme une station expérimentale pour les fusées interplanétaires
Et les mers n'auront plus laissé derrière elles que la blancheur aveuglante du sel
Si bien que le soleil ait soif et la lumière sur ce parquet de trémies oscille
Le schiste éteint le firmament amorphe et l'être à jamais épuisé de métamorphoses

J'inventerai pour toi la rose
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  • : La maison dans les pentes
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C'est la règle." Henri Michaux - Poteaux d'Angle

 

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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