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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 14:08
L'abri des mauvais vents

la baraque tangue, notre grenier nocturne, navire tardif dont les fatigues se taisent

où niché le corps plonge, passant parfois de tous ses os entre les chairs du lit,

mon cygne souverain

tu es si beau, si fort si fragile, griffé d’histoires, de mouvements d’eau, ton œuvre inachevée,

le boutoir du vent tente de t’envoyer ses fantômes ectoplasmes

tu gémis sous ses coups

tu tiens et la nuit marche

qu’il parte ce souffle pressé, qu’il file s’effilocher contre les dents des crêts

pour laisser derrière lui notre barque gracile

aux bras des courants tendres

au silence des plages

que les bornes se ruinent, le temps, le bruit, la substance des corps,

que l’arc doux de tes pensées puisses venir ouvrir ce coffre-fort

tu danses alors que nous dormons, une onde tiède berce ton ventre

mon oiseau immobile

tu es si beau, si exposé, dans l’ombre lavée par les grands vents

j’ai veillé longtemps sur nos plumes riveraines blanches, si blanches

je m’endors sous tes combles

dans les doigts bleu-vert de ton regard

prends ton quart, s’il te plait, jusqu’à la fin du noir

l’obscur c’est si bon lorsque nous y rêvons

et le rêve c’est nous

et ces écharpes floues

duveteuses lueurs entre les pans de vie

la baraque chantonne,

il est parti je crois…

… tout est calme…

 

je t’aime.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 12:57

Eau.jpg

 

l’eau monte jusqu’à tes jambes

elles sont blanches dans l’ombre du lavoir

glacée, la langue de l’eau de mars te fait vaciller

tu t’en vas, rien ne sera plus

 

j’ai à l’esprit ce que je n’ai pas vu

l’image de ton corps

droit, l’eau jusqu’aux genoux,

tu trembles, tu as froid,

et ma vision se trouble avant que tu ne tombes

te gardant droite, désespérée

ni les larmes ni mes bras ne peuvent te retenir

l’image de toi partant, immobile,

habite mes yeux noyés

 

je voulais te demander, j’avais mille choses à te demander

encore, mille choses à déposer dans tes paumes

et l’histoire de ta vie que je voulais écrire

que tu emportes au loin

 

je sais que si tu étais restée, tu aurais tenu ma main encore

ton sourire au milieu des ruines avait la beauté de l’amour

alors je te porte, tu es si légère,

quels seuils faut-il passer pour que tu ne pleures plus

s’il te plait emmène avec toi

la tristesse qui me reste

 

donne moi la force, tends moi les bras

encore une fois.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 15:18

P1070210.JPG

200115

Oh… les dentelles, aspirées par les branches, les dentelles, les hanches et ce matin qui cogne

matin, douteux matin

sèche, glacée, je perds dans les confins de l’âme mes uniques repères

mes ailes sont percées, mes seins de laine blanche

je marche sur la ligne, ils m’ont donné deux eaux, dont aucune n’est franche

à l’est les bois tendres, tes prairies encore douces

au couchant l’or pourpre, le dernier lit de mauve

 

aspiré, dentelé, le chemin intraitable sous l’ange de mes pieds

grelottants

la vie, râpeuse, hérissée

et là presque happée par un ciel insensible

je postule à l’envol mais rien ne vient faire vent

je sens

sur mes cuisses ses cordes, ses caresses pourtant

à moins que ce soit toi

qui depuis tes jardins n’envoies un contre-signe

assez beau assez lent pour que les bras me viennent

de te prendre mon cœur en leur creux généreux

où tu laissas depuis nos nuits

les dentelles sincères de tes plus doux réveils

 

la vie, rauque, marbrée,

l’intérieur de tes membres, incarnat, épargné,

quel troublant mélange, elle et toi réchappés,

ce poignant mouvement lorsque je t’envisage

l’étreinte que j’embrasse, nos deux humanités

pures et lisses, vidées,

la bonté, le désir

de nos deux innocences.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 15:14

Pilat-13.jpg

 

Cœur grave,

 

les doigts errant dans ta barbe, je songe

 

ce que nous sommes, là où nous allons, les jeux de société autour de nous s’articulant,

 

et ce lit où, réfugiés, retrouvés, nous partageons la nuit

 

une part pour l’amour, une part pour les rêves,

 

la nuit autour de la maison couchée sur les allées où dorment aussi les feuilles

 

glissantes elles m’emmènent

 

toi tu portes dans le sommeil l’ouvrage parfois remuant, réitéré,

 

de tes jours

 

 

 

cœur attentif,

 

je dessine des doigts les plis de ton visage

 

un sentiment si doux vient habiter nos yeux

 

dont j’évalue la force, la fragilité

 

empli de tendresse et d’étonnement

 

dans l’escalier, un géant m’attend, patient et amoureux

 

 

 

cœur tendre,

 

je saurai bien, jour après jour je saurai

 

ce qui te compose, te constitue, t’anime et te retient

 

la part du secret, les frontières, les fenêtres,

 

je dormirai dans ta main, dans tes bras, dans ton souffle,

 

je chérirai la vie qui coule sous nos pas et la fleur de tes lèvres et ce malin compas

 

qui réunit et cadence nos voix

 

 

 

cœur grave,

 

j’imagine près de toi des soirées chaudes et douces

 

à l’ombre délicate des albizias en fleurs

 

au bord d’horizons nous offrant leurs spectacles

 

une vie avec toi

 

cœur grave, je suis là, espérant que les mots mille fois murmurés

 

nourrissent au fil du temps une promesse simple

 

 

 

alors je te regarde, tous mes cœurs appliqués,

 

sauvages et soigneux

 

je te rêve des yeux, c’est toi que je veux voir

 

dans le temps arrêté, les existences vives,

 

dans les saisons tragiques et les coups de hasard,

 

c’est toi qui m’accompagnes, c’est toi que je veux voir.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:47

N1764.jpg

 

des forêts d’histoire à travers lesquelles se lèvent des aubes presque violettes

ces fulgurances douces à travers le bâillon des troncs

les mousses où sont couchées les feuilles

tout deviendra brun, tout ce qui est lumineux, les torches rousses des lisières

les rivières orangées des derniers hêtres

dans les lumières devinées je protège ce qui se réveille

si c’est l’hiver, qu’il soit éveillé

 

devant, la forêt

derrière elle des lumières.

 

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 18:40

DSCN5017-copie-1.jpg

des mètres de paroles,

intoxicado

refuge de silence, salon d’ombres

 

temps, alarmes, bornes,

intoxicado

lit d’échelles, rêves caressants, soieries d’intervalles

suspension rocheuses des eaux fossilisées

 

sollicitations, appels, incitations,

intoxicado

balancelle des rayons couchants

hamac de sable chaud

 

lentilles, cellules, écrans

intoxicado

frôleries veloutées

transparences

rosée, humus, cumulo-lingus

 

poubelles, routes, information,

intoxicado

ventres d’ailes, belles,

chevelures d’anges-femmes

 

monde, monde, monde, compté, décompté, raconté,

intoxicado

peau de verre brossé

manteau liquide du vent

 

plage aux rochers fumants d’écume

calme, abandon, confiance,

le bol de deux mains émaillé de reflets.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 18:05

P1000841

020714(A Peggy) 

 

toute la nuit les rêves mènent bal

de petites gouttes de lumière vive trempent dans l’ombre de la chambre leurs pointillés blancs

redonnant au passage quelque transparence quelque pâle couleur aux champs et aux marges

la cloche prend son écho dans les branches les plus hautes des mélèzes voisins

la nuit reste si douce qu’à peine si je l’entends moi qui dors

moi qui dors

lorsque parfois je reviens pensant à toi dans les fonds de la nuit je me dis

la vie était facile, elle était belle, que deviendrons-nous

dans les poulies dans les virages qu’elle découvre, et nos refrains blasés n’ont encore rien vu

tant cet inconnu nous cerne, ranimant son mystère

 

dans le berceau de la chambre obscure je l’apprivoise

partageant avec toi ces instants chavirés de lenteur et de soin

de profondeurs tranquilles où les émotions taisent un peu leur couplet quotidien

là je dors et je pense, te donnant un peu de ces instants

prenant à ces pensées des bribes de repos

des bribes d’inquiétude

que je calme parfois, lorsque je le peux

parfois je ne peux pas

 

que deviendrons-nous

dans les poulies les engrenages

d’autre que des enfants tendres et seuls ?

toute la nuit, je contemple cette absurde beauté

et le brun si spécial qui cligne dans tes yeux

semble un frêle présage.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 19:56

P1030040.JPG

240614

 

ca-y-est les arbres ont mis leurs larmes, ça grelotte en écailles sur les cuirs du ciel, les arbres ont mis leurs larmes

 on n’y voit plus rien à travers

 le vent fait onduler les queues poissonneuses des hêtres changés en sirènes

 leurs chevelures crépitent d’une lumière rare

 crois-tu qu’on puisse aller quelque part, à travers l’été

 crois-tu qu’on peut à travers l’art

 de ces foisons, passer

 cette chaleur, c’est une peau, un chant moite dans la gorge brune d’une femme rauque

 un trottoir d’herbe mille fois répété

 

 

 ca-y-est les vents s’emportent

 s’enfuient, s’achèvent,

 sur les miroirs fins des régimes de larmes, des grappes de ruisseaux,

 les mettant en danger, de tomber, de sécher,

 je me dis c’est fini, l’apnée, l’apnée c’était avant, lorsque le vent des fonds remplaçait mon souffle sans que je puisse l’arrêter

 quand le vent des fonds tordait mon souffle et le faisait rentrer

 viens, rentre, il ne fait pas bon sortir par ces temps troublés,

 mais maintenant c’est fini, si le vent me fait encore tomber,

 je l’ouvrirai aux ruisseaux éternels

 rien ne séchera

 plus rien ne séchera.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 18:08

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on dirait que la nuit roule ses derniers rouleaux

aux pieds d’une aube en pleurs un matin de cœur gros

que les dernières falaises n’atteindront jamais l’eau

toutes soudées au ciel dans le fond du tableau

 

les draps restent clairs dans la chambre obscure

du gris du vert et du blanc

laissez-moi le temps

laissez-moi le temps

 

des aubes qui tanguent y’en a plein les murs

j’essaie de lire sur les lèvres

de ces nuits fragiles

aux humeurs impossibles

 

autant tirer les cartes à un mur sans fenêtre

ai-je les bons outils, saurai-je reconnaître

la vie qui se radine, sera-t-elle assassine

comme toutes ses sœurs

 

je meurs

toutes les nuits de leurs lèvres muettes

me parlent doucement pendant que je m’agite

 

j’appelle cette source

au secret véhément

tentant sur leurs lèvres voilées

de lire un peu d’éternité

 

dans cette nuit boiteuse

je dois souffrir enfin

que rien ne soit donné.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 12:59

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la beauté, son désert creusé en moi

ses humeurs de sable

abrasives et légères

et parfois, parfois

les dunes de grand calme

 

la beauté qui me déserte

ses écharpes dans l’errance

ne font que creuser,

creuser sans fin

 

puits d’or fondu, mon ventre,

ravin, tour de lumière

oeil des vents

 

mes rêves du bout des mondes

rapportent les images

le film répété, ton visage imminent,

l’immobile barrage

et la vague des temps

revenant renaissant

de ses ombreuses siestes

 

 traces ouvertes, passages,

aux propices lenteurs

stupeurs, décalages,

 

tout ce qui,

âpre, enroué,

 

meurt longtemps.

 

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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