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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 11:34

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Azée dort

son périmètre-nuit déploie ses infinis

immense ombrelle

ses mains s’éloignent de son corps

sous ses paumes l’herbe sèche du jour, intangible,

son corps est allongé dans une longue chute

 

elle revient à ce lit d’où tout était parti

aux heures méridiennes bien avant de savoir

 

bonheur des instants justes

lent regain-rêverie

aux fibres ondoyantes

 

laisser

dormir

ecchymoses et douleurs

 

laisser cet instant se recommencer

où l’on n’a plus conscience

 

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

la vie

 

la vie demande réparation.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 12:31

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Certains poèmes appellent la mort, la mort sur un monde -qu'il soit intérieur/extérieur- qui n'a plus beaucoup d'âme... un monde qui a perdu sa source. Ca n'est pas une prière, ni une invocation, juste un état de cette âme qui se sent mourir. Parfois, l'âme se sent mourir... La joie reviendra, peut-être, sur le moment, on ne le sait pas. En général, elle revient. Mais que sont lourds ces moments de peine ! Qu'ils sont dense, et douloureux.

Dans la joie comme dans la peine : ne pas attendre, ne rien attendre.

Les vieux arbres sont parfois longs à mourir. Ca n'est ni bien, ni mieux.

 

rien, du vide plein les mains

un monde de silence et des histoires de ciel

qui ne racontent rien

 

ce sont les vides de ce monde qui ne parle pas

aux croisées, partout, bientôt il ne restera plus rien

échos

obscur

 

les vieux béliers au combat dans les branches des arbres

indistincts

à ce monde sous le vent, je ne lui parle pas

je dis non, je ferme les portes, je gueule que c’est fini

que lui dire d’autre à ce monde qui n’a même plus d’odeur

dans le vide ça sonne creux mais

ça fait du bien

 

vide

de sens, d’espoir et de combat

de rire, d’amour, de caresses

 

rien, un monde de silence qui ne raconte rien

je gueule que c’est fini

 

vide de ce monde, lèvres closes

sablier

 

dans ce rêve où les joies ne bourgeonnent qu’à peine

où tout arrive au ralenti

 

où une larme pour tomber prend le temps d’un poème.

 

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 19:00

P1010167.JPG

maintenant je conduis me demandant

ce qu’il me reste à voir

s’il me reste encore quelque chose à voir

à faire

 

j’oublie la question sans réponse

la route dévale, vertigineuse,

je n’ai pas peur -je me demande pourquoi-

 

je vois -la mer- sous les cendres sous les roses

ses sirènes magiques qui ne sont que courants

et le dessin animé que nous formons tout au long de notre

vie

 

je vois –les lacs- où nos heures se finissent et ressourcent sans fin

la grande mère du monde, immense, pâle et sombre

qui te tiens dans ses bras

 

je vois –des enfants qui rient-

 

je reviens

au cœur de mon corps

lui demandant encore

s’il me reste à te voir

si l’eau…

 

et c’est toi qui répond.

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 19:50

P1000856-copie-1.JPG

 

sein rond de la colline

chemise d’herbe tendue

perfection piquée d’arbres silhouettes

osseuses, miniatures

 

et les nuages immenses

merveilles à étages

tout gainés de lumière – piquante – sage

 

souffle coupé j’assiste aux changements de ciel

douceur des aiguillages

aléas des orbites

je deviens mouvement

je deviens trajectoire

 

à si bien regarder, me voilà qui chancelle, la tête grande ouverte et le vent qui s’engouffre

mes yeux voiles voilées, mes bras, chambres, désordre,

je quitte pour un vol les ratages du monde

guerres, bassesse, venins,

mortelles chamailleries,

je noierai mon chagrin

au chemin ma chemise

sur ce sein  - où les arbres font une crête herbue

 

qu’importe mon absence

invisible, anodine,

qu’importe l’autre vie

où je chaloupe nue

 

je reviendrai shooter quelque intraitable espoir

dans les filets du monde

 

oui

 

la tête en jumelle à l’envers

dans le ciel.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 22:25

P1000258.JPG

peau ma peau mon Pérou

mon indien

mon silence

 

mon môme de tous les instants

 

mon âme au milieu du jour

mon millième bain

 

peau ma peau ma chaleur aimée

toi qui te réveilles au creux de mes cuisses

dont la langue connait les champs

l’eau dont je viens

 

serpent de tendresse, or blanc des matins froids

vin d’évidence, engagement éblouissant

faim sans complication,

vie d’évidence

 

ma peau, mon index milieu de nuit mon arbre mon ruisseau

ne perds pas tes cheveux, ne calme pas tes vents,

car je reviens, je reviens autant qu’il se peut,

jusqu’à l’épuisement

car je renonce à renoncer, huile de printemps dont l’hiver gronde

peau ma peau, onde mon onde,

l’eau que tu tiens

 

peau ma peau mon Pérou

mon indien

mon silence

 

mon enfant de tous les instants

 

mon âme du milieu du jour, ma plage, mon dernier refrain

homme tendre parmi les hommes

c’est de toi que je me souviens

c’est toi qui reviens

 

toi qui reviens.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 18:36

  Fée d'hiver

201213 - (je viens de lire Fée d'Hiver et décidément...)

 

coeur d’étoiles fantasques, bouts de monde,

pays perdus où s’arriment des fins de routes

virages plongeant vers des abîmes sus

instants jubilatoires jaillis des boues d’ensemble

 

parages où je m’implante, m’assemble, à clous et cales

approche qui donne et ravit le courage

comme une berceuse lente, comme un bâteau bancal

posé sur une lande en statue de hâlage

 

images, reflets, tranchant le halo quotidien

monde porté vers l’infini depuis si loin

paysage jumeau, hâvre intérieur

puzzle d’oasis

 

ces collines ces îles

cramponnées d’oiseaux

les prés courbant le dos

sanctuaire, exil.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 17:34

DSCN2015

 

 

 

 

 

 

101213 (A André Bucher pour La Vallée Seule)

le paysage est chorégraphe

ses gestes habitent un mouvement

lent

 

si lent, dans le sous-bois obscur,

ombre étrange évoquée, un grand cerf

souple, puissant, se dérobe,

imprimant sur l’orée lumineuse

le souvenir d’une onde

hallucinée

 

une danse inouïe combine ses vecteurs

 

je rêve, intégrer la danse

relier mes gestes aux tissages organiques invisibles

électromagnétiques

je complote une tresse fantastique, intangible,

un sourire de l’esprit sur les matières fluides

tenue entre d’infatigables relais

 

vents

ombres

parfums

couloirs animaux

courbes des horizons

figures, textures

ossature de plume des robes végétales

écharpes ténues des orgues

sables dilatés

roches crépues

bourgeons, scories

 

noue -mon corps-, passeuse d’un sang tout abreuvé des eaux si mélangées du monde

 

allée de tendres gestes

aux mystères profonds

 

dansent les voyageurs

dansent

dansent

dansent les passagères.

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 13:13

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Errance / Les départs

231113

 

D’abord la rue grande ouverte

des pans de nuit brune coupant les angles

un mur bas, cet autre interminable

les pas crissant sur le gravier, rue des Ecoles

puis le goudron lisse de la place de la Mairie

qui suis-je, somnambule, où donc ai-je décidé d’aller

moi qui puis tout dire et son contraire

 

D’abord, la rue.

 

Soudain le grand vide obscur après les maisons

innombrables, mystérieuses perspectives

ce bagage sans volonté -enfin tourner le dos-

ce bagage de rien

ce compagnon sans poids, presque un symbole

 

Ajouter une dimension au balancier insolite.

 

Fin des comptes rendus

fin des explications

partir du cloître, cette même cellule de vie

s’extraire des sédiments

se frayer sans peur

 

Qu’importe ce qu’on imagine.

 

Juger, jauger, évaluer, classer, approuver, désapprouver, machine faillible.

 

Fini de penser unique

renouveler l’ambiance

donner une chance à l’imprévu

renouer avec

Toile d’araignée, hamac de raisons cousu depuis le début de soi

tissage, tapis, si longuement

partir parce que c’est le moment.

 

La nuit est si sombre sans les lampadaires.

 

Des courants de froid passent, invisibles

à l’approche de certaines rivières

une lune presque pleine illumine doucement les plages claires.

L’œil s’habitue. Le paysage blanchoie doucement ses traînées de neige,

partagé entre la nuit et l’aube.

 

L’aube…

 

Chaque aurore un départ

chaque pas une seconde

un glissement, un rêve.

 

Partir pour durer toujours ?

ne plus sentir le temps ?

 

Tout et son contraire, tout qui revient au même.

 

 

Errance / Permanence et héritage

 

 

Rester.

rester après partir,

avec son héritage dans ses bras, autour de soi, en soi,

sorte d’éternité.

 

Nous autres provisoires

pleins de cette vie postée contre le vide

veilleurs de notre désert

nous autres archéologues, généalogues, astronomes,

héritiers possessifs

fidèles

momentanément sédentaires

guetteurs de la prochaine séquence

chercheurs de fils, découvreurs de nœuds

nous autres dans notre demeure de chair, faillibles

 

Fakirs à l’humble joie, marchant pieds nus sur un glacier.

-Glacier de non-esprit où je marche sur mes non-pieds-

Avec moi mes enfants non-miens.

 

Mon âme, parle-moi de l’indifférence de Camus.

 

Finis

enfantement, procréation, engendrement, répétition, reproduction, attachement, permanence, héritage

partir pour inventer

inventer sa mort, aussi

renoncer, détacher, errer

 

ma mort seule séparera

pour l’heure, c’est l’enchevêtrement, l’avancée d’ensemble,

ce bagage lent d’amour, d’amour, d’amour

 

cycles mystérieux, roue

jubilation de la traversée

sourire des forêts

 

Lorsque et si je perds pied, convoquer l’enfant aux cheveux courts.

Errance.

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 20:19

Muda---Acrylique-sur-papier-2013---JSoyer2.JPG

Extrait :

là-dessous ça sinue,

ça source ça bassine ça dessine des rus

l’ombre des nues chemine entre les fleuves lents

et toute cette vue d’en haut semble flotter

 

sur quel cours notre barque

à quelle vélocité

je me vois pour toujours dans les eaux de rivières

lourdes, presque arrêtées

 

entre des troncs immenses,

aux racines inversées

 

 

mon bec aussi pêcheur

plonge, fend, air et eau

aucun autre désir que cet élémentaire

n’occupe mon cerveau

 

rassasiée je reflue et je remonte aux aires

où un soleil bleu sur mes plumes d’acier

aiguise ses ciseaux. 

 

 

 

http://www.abatos.eu/fr/home/55-muda.html

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:13

DSCN2999

ce chasseur qui a tiré, nous le voyons de loin, bien en dessous de Ru,

ses trois chiens blonds dans le trèfle d’automne

nos poches pleines de serpolet nous le regardons s’éloigner

 

de la crête nous descendons, menues,

à travers la colline où vinrent les génisses

le trèfle et les refus

 

plein champ -fouler ta terre, ton soin-

je souris

de la raie que je lui fais

tranquille, invisible

 

à mon retour

un busard cherche mon regard

venu pour moi, il m’accompagne un instant de son vol sublime.

 

Arrivée, j’ouvre ce livre de Camus

heureuse, pacifiée.

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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