Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:01

DSCN5017

la baie croise les pans brumeux de ses chemises d’eau

entre blonde et bleue

le sable hésite, un orage s’annonce,

les bleus se grisent

la plage cède ses rives

 

inerte, elle blêmit

ses graviers fondent en verre

sous les buées montantes

elle laisse le boutoir d’un vent de récidive

échancrer ses encols

 

tout s’assombrit pour l’heure

demain un ciel serein sur les chemises d’agathe claire

des keys

 

les sables scintillants semés de lettres mortes

un banc d’humains défunts rejetés par la mer

peaux brunes cernées de sel

rêves crachés du large.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 11:52

DSCN2045

 

Muda

caja sin labios, cuerpo sin brazos,

besada, abrazado, adentro

el balance tan lento del cielo, adelantandose, suave, gracil, casi-inmovil,

amor infinito, nubes

mundo mudo, piedra espejo

alli te has quedado, alli en la meseta, caliente, eternal,

mar, manta, abrigo acogedor del frio

biombo por tanto amor

fuiste la puerta mas ancha, mas alta, mas amplia

fuiste como nunca,

una maravilla.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 15:00

Copie-de-DSC01551.JPG

j’ai rêvé que j’avais mal

ôtant un bouchon de chair

à mon corps plein

 

je pleurais, ignorée, seule au monde avec mon corps débouché

dieu sait ce qu’il contenait

peut-être une flotte de petits personnages de plastique bleu

 

bouchon, ballon, sang rond fondu, larmes glissières,

je ne rêve pas de cette vieillesse violente, progressive,

qui chaque jour prend un de nos gestes

 

souffrir de vieillesse chronique

rester joyeux entre les crises, malgré les vilains rêves,

tomber, se relever

quelle mécanique

 

dieu sait ce que mon corps contient encore

de joie et de douleur

dieu sait ce que j’ai peur de perdre, ou de laisser entrer,

par cette bonde que j’ouvris moi-même

 

oh lac, garde cette beauté, pour celui qui renaît,

pour celui qui s’assoit.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 20:28

DSC00398.JPG

 

jalons d’eau douce

eau passante, je ne fais rien, je ne suis rien,

je fonds

 

n’attendez rien de moi,

rien

 

je donnerai le meilleur

librement

le meilleur de moi-même, sans raccord, sans regret

absente, pourtant je serai là

je n’attendrai rien

 

août pose ses lignes

dans une eau si douce

elle a le goût du cristal, le goût des roches

pure, elle vient, sans maison ni repère,

coule, s’envole, s’enfonce,

fouettés, imbibés, trempés, émerveillés nous l’oublions

nous qui ne sommes ni la terre, ni le ciel, juste assoiffés

 

assoiffés.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 13:36

Nénu

 

 

lorsque tu ris, que tu es longue et douce

ma main sur ta hanche

lorsque le monde est ailleurs, qu’entre nous pas un instant

d’hiver

ta jeunesse et mon amour, je reviens

 

chanter nos chants

les cheveux de mon aîné

lorsqu’il tourne son regard

tendre renard

j’aime sans poids, sans frein

je reviens

 

je regagne ton épaule

ton œil veille

ton œil iguane, sans âge, empli de beauté

sur nous ton œil veille, et tes bras

 

pas un souci ne m’effleure

la vie est là

joyeuse et douce

je reviens

reposer sur ce bonheur

infinie, immortelle

 

je fais ce que je suis, tout ou rien,

je reviens

heureuse, pleine de mes chagrins

je reviens.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 13:10

DSC00294

 

ne me fais pas barrage avec ton corps

je pars, j’ai dit je pars, ton corps aura beau faire

 

les champs qui ondulent

les aurores sauvages

rien qui soit encadré, surveillé, créé,

 

je veux voir ce qui n’a pas été touché

 

 

 

ne me faites pas barrage avec vos corps

soient-ils de métier,  physiques, constitués,

ne me faites rien

laissez moi aller

 

laissez moi passer, vos corps ne peuvent rien

à cette liberté

souriez

 

je veux voir ce qui n’a pas été regardé

 

je veux voir ce qui reste, unique, du début des temps

et qu’on n’a pas trouvé

 

 

 

je ne veux pas de réponses simples, habituelles, ni d’identité forgée,

magma, crêtes, je veux voir, fut-ce les yeux fermés,

bien au-delà

bien au-delà de nos corps.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 11:00

DSC00984.JPG

 

Le ciel a pâli

tant il faisait chaud

  

de bouche en bouche les histoires

changent de forme

 

vivre

trouver sous les couvertures

son histoire à soi

vivre, c’est tout juste soi

lovée là

 

le ciel a rosi

 

les mains sont sculptrices, potières,

à chacune son style

 

une étagère, la vie

sous les empilements de pots

un jardin, la vie

peuplé de statues inimaginables

 

pas zoo, bestiaire

vivre,

vasque-buste-chair

 

être

 

découverte là.

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:36

Milan royal

aux aires mille fois retournée, revenue je descends, dans mes ailes éployées, dans mes voyages lents,

vois comme aux aires je mens, à moi-même, aux enfants, je feins de ne rien dire, mes masques mis dedans,

il faut bien revenir, il faut bien re-tourner, la vie est cercles lents, la vie s’ouvre et se fend,

comme on est où l’on est, au moment au moment, la vie sur nous se pose façon linceul blanc,

comme un ciel, un géant, un ours débattu, les pas sourds d’un amant au fond des souvenirs,

comme une main, un gant, le lierre au pied d’un banc, comme un vide éprouvé du bout tiède des ongles, sans savoir si on vit ce vide qui s’enroule, s’écharpe et se morfond,

 

qui parle de passion, qui parle de tourment, il est tout simplement question de tentation, du vide ou de l’oubli, même la survie devient, change et métamorphose, tout est comme déteint, dans l’eau vient une pause

et c’est là que je tiens, mon corps et mes paliers, intervalles, escaliers, je ne suis qu’une rose aux apogées intimes, au ciel je reste mime, aux champs bleutés des cimes, je doute et parchemine

si peu –déjà-, si rien, si peu suis-je ce lien,

roulant mes feuilles rousses, plumes de corne brune, dans le ciel je pousse un cri de rond de lune

marchant pour disparaître, matériau, élément.

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:48

DSC00785.JPG070513

Ce soir je suis passé à P., où un homme jeune, un paysan, réhabilite une grange très grande pour y vivre et y travailler. Les murs ont été rejointés, du blanc sur les briques rouge, c’est très beau. La charpente sent le neuf, elle est immense, un bec de verre capte la lumière –je ne sais plus le nom de cette structure en pointe qui habite le toit-, la dalle vient d’être faite, tout est propre et lisse, on voit toute la boîte qui va peu à peu se compliquer de cloisons. Tout l’espace est ouvert et c’est beau, ça sent bon, avec le printemps qui entre, le printemps qui entre de toutes ses forces tranquilles, par toutes les ouvertures… et le sourire magnifique de cet homme jeune qui occupe de l’aube à la nuit ses jeunes années, ses années de force, car ensuite le plus gros sera fait, restera le quotidien, et les projets futurs qui n’ont encore ni nom ni sens. Un sourire qu’on ne voit que chez les paysans. Tranquille et profond, avec une lueur affectueuse. Comme le bonheur, un peu, enfin… l’idée que je m’en fais.

 

Mai 2013, je ne suis pas guérie, j’ai pleuré en partant, pleuré sur les agneaux tendres qui ne courent pas dans mon pré, sur les veaux doux qui ne têtent pas mes mains, sur les arbres en mai qui ne poussent pas devant ma ferme, sur le jardin que je ne cultive pas, sur le paysan auquel ma vie ne s’est pas épousée… sont-ce des réminiscences encore plus lointaines que l’histoire récente, dois-je remonter à mon adolescence, je vois des jalons, la vie que je n’ai pas voulue très jeune, puis qui m’a refusée bien plus tard, quelle boucle magique dois-je boucler dans mes larmes tristes ? Si tristes que la nature devient un lavis de verts tendres, mais flous, et mouillés.

 

Ce soir je suis passée à P. où un paysan magnifique me rappelle ma vie ratée, celle que j’ai loupée dans une gare où je ne me suis jamais rendue, ou trop tard, où je comprends que cette affection que je cherche elle se trouve peut-être dans les fermes du monde, où j’échangerais tous les magasins du monde contre un jardin, un poulailler, une étable, où je cherche la truffe des chiens de la main, comme si c’était elle qui allait remplacer ma mère, où je respire et je souris comme si j’étais heureuse, mais ça n’est pas chez moi, où est-il mon chez moi, ma ferme à moi elle se trouve où, dans quel rêve, dans quel hameau du bout du monde, je le cherche mon monde je ne l’ai pas trouvé, ma ferme tremble encore dans des larmes innocentes et inutiles, elle se dessine et se dérobe, je crois que je suis SDF, à laisser derrière moi ce qui le plus ressemblait à un rêve cassé… une maison en ruine.

 

Ce soir je suis passée à P., le printemps y est merveilleux, tant de hameaux, tant de fermes, tant de paysans, seuls, l’homme reste seul partout où il est, et je pense au temps qui passe différemment selon notre façon de le vivre, mais qu’on peut habiter profondément lorsqu’on a trouvé le lieu, le sens, l’eau de sa vie.

 

L’homme, seul, pourtant parfois aimé, le regard porté par les collines, les bras pleins de force pour un temps. Il faut bien faire quelque chose sur cette terre. Il faut bien exister. Je crois bien que l’homme qui a trouvé un sens et n’a pas fait de mal a fait beaucoup déjà.

 

Je ne suis pas malheureuse, je suis triste, je n’ai pas trouvé, et je n’ai plus de passion. Je sais combien de regret je porte aujourd’hui, et moi qui ne m’étais aperçue de rien ! Ou qui avait encore assez de force pour l’oublier…

 

Il y a un temps pour avancer, j’entre dans le temps où l’on se regarde avancer, voire où l’on s’arrête pour contempler. C’est l’impression que j’ai. Le passé n’a aucune valeur. Ce que l’on a fait ne compte qu’au moment où on le fait. Voici l’impression fugace que j’ai à cet instant. Que rien ne vaut plus avant sauf l’amour. D’ailleurs, le temps, c’est bien de l’amour ? 

 

Je ne crois plus à rien, sauf à cela, tout ce qui est écrit là. C’est le seul sens que j’ai trouvé, et je ne le vis pas. Je crois que j’ai le droit de dire ‘j’ai raté’. Sauf que mon jardin, le voici aussi, et celui-ci est réussi : aux aires, si j’ai perdu la passion, je le dis avec bonheur, cette occasion propice. Le bonheur c’est cette réussite. Je crois que j’ai réussi ceci : mon jardin est un livre, un cahier, une récolte de mots, de textes où la nature, la beauté et l’amour se font leur place, et elle est grande !

 

C’est peu, et je reste triste. Mais de ceci je suis fière un bon peu et cela me tient toute entière.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 20:57

 DSCN7339

 

genoux des éboulis

chevelures des ronces,

résilles des micas

ce qui se perd de femme

dans les lignes des dalles

échasses peuplières

escaliers des terrasses

ce qui se joue de femme

aux escarpes calcaires

 

ce que mon corps désigne

sous les gouges

l’eau pourpre des automnes

dans les chairs des humus

 

glaise-blanc, sang des rouges

 

la terre tendre, mes paumes,

à la morsure des ronces

rude abîme, dure course

ce qui de moi gravit

 Vue

parfois, tant de pente m’accable

je perds pied dans les rampes

puis

la ronce devient douce

un corps pris dans les lianes

c’est mon corps c’est toi

tu me hisses aussi loin que tu le peux

tu m’ouvres une voie

bien au-delà

où tu deviens les bras que je n’ai pas

où tu portes la lune vers mes yeux

 

et tu me dis « tiens,

est-ce bien celle que tu veux ? »

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article

Présentation

  • : La maison dans les pentes
  • La maison dans les pentes
  • : Ecriture, poésie, dessin, peinture, musique, culture, échanges de beauté, table tournante de poésie, partage de rêves...
  • Contact

Amis, bienvenue...

  "Music is the best" - Franck Zappa

Evarrach-e.jpg" En pays de plaine, traffic de collines.

C'est la règle." Henri Michaux - Poteaux d'Angle

 

Recherche

Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

Pages

Catégories