Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:16

120413 (A Pierre, sur du Bertrand Belin)

 

  Les deux arbres

 

 

je  n’ai pas de question

le vent me suit sur cette route

je m’emplis de vide

partout le printemps monte mais les vieux arbres bourgeonnent lentement

je m’emplis de vert, j’emplis de vert mes pupilles

le printemps vient, le long des vieux arbres aussi

j’explore cette sensation de vitalité

je ne sais plus comment c’était

avant

 

c’est bon cet hiver qui s’en va, ce froid qui cesse de mordre

que disparaissent des plateaux les filoches grisâtres de la neige

qu’ils fondent maintenant, ces vilains coussins de soie grège

ils ont fait leur temps

 

que tournent les saisons, les jours, et que tout change tout le temps

c’est bon ce jus brûlant qui grimpe et me détord

passagèrement

 

un homme chante, sa voix grave se promène lentement

c’est Bertrand je l’écoute il dit que rien n’a changé

moi je dis que tout change continuellement

nous disons le contraire nos mots pourtant sont jumeaux

c’est si beau

 

nous pourrions vivre au bord d’une piste comme de vieux arbres voisins

ou bien au bord d’une prairie

nous chanterions ensemble à pleine voix

le vent dans nos vieilles branches

comme un vieux couple

vide et heureux

pour l’instant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:43

anen2-copie-1

010413 (car le silence à la beauté va mieux que le bruit - Glacier Langgletscher / Lotschental)

 

 

bien loin en contrebas, je la vois

minuscule, ma maison

 

je plane sur les courants d’air

tenant un compte indifférent des chaos

des rivières

des glaciers touchant le ciel, où

de longues ombres blanches

avancent sur la glace

 

je me sens bleue, translucide,

comme une caresse

 

comme une crevasse

 

je suis source

beauté

filtre de lumière

le moment et le lieu où cela commence et se termine

 

souvent s’effondrent mes falaises de glace

dans un fracas épouvantesque

parfois même

je meurs

 

le temps, pour sa plupart, m’entoure de silence.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 21:56

LeBouleauEtLeSoleil.jpg

Sinueuse, petite, sèche et grise

la route sur Argental

à son bord un bouleau blanc à la chevelure de fils rouges

d’où s’envolent des musiques

derrière lui un ciel rose de fin d’après-midi

c’est mars, mon amour, c’est mars encore,

comme tous les ans

 

celui-ci est très joli dans ses pauvres polychromes

 

la robe mouchetée de l’arbre

son collage contre-jour

œuvre naïve.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 21:38

DSC00411.JPG

ces constructions je les fais en esprit

j’élève des murs en ruine qui ne font obstacle à rien

mes bâtisses s’appellent

celle qui veille bien

celle dont le cœur écoute

et si à l’intérieur parfois

des fantômes

cette femme couchée

à qui l’espoir ne dit plus rien

un épervier

dressé sur sa poitrine

et des fleurs sur l’eau

pour ceux qui sont partis

maintes portes dont les ouvertures battent

 

ma maison est

pleine de vie

 

pistes épique, rêves en attente

quais, blocs, aiguillages,

un homme joue à avancer

lent, vif et lent, sûr de son pas

rage, cage, enfantillages

et les virgules qu’il n’ôte pas

des corps sages

 

ma station est

pleine de vie

 

 

ces constructions, des murs en pain de mie

les revers d’un appétit

sauvage

je marche vers l’océan

ça scintille, tout se revient,

j’oublierai de souffrir

la beauté

devant moi

 

mon regard aime

ce qu’il voit.

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 19:40

DSCN7609.jpg

280113 

ce qui se dévoue se dévoile,

un nuage entonne son chant orangé, un nuage épelle givres d’hiver,

éperons des froids aux flancs versatiles,

vents d’épingles fines harcèlent mes côtés,

des vents abusés, d’étranges plans de vol,

 

où es tu mon ange, ton regard soyeux posé sur les autres,

où es tu qui dors, lourd comme un rocher,

ombres et lumières s’alignent, se succèdent,

dans le ciel rosé, bientôt février

bientôt février, qui reste à passer

avant d’autres gués, où tant d’hommes refuges veillent à ne rien dire qui pourrait

susciter changement,

je n’ai que toi

toi qui reste calme lorsque je colère,

toi qui reste mer lorsque j’océan

toi que j’ai parfois crainte d’effrayer, ou de décevoir,

pourtant j’ai confiance dans l’amour voyageur de ton regard

dans la douceur de

tes mouvements intérieurs

 

où nos eaux mutantes se mélangent-elles, mon ange châtaigne mon ange épervier,

tes yeux d’or brossé câlinent mes orages

racontent à mes pluies qu’un printemps vient bien

bercer nos tendresses.

 

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 12:01

 Le monde vu(Sculpture de G. Schubotz)

 

bienvenue, ma douceur, mon enfant, dans ce monde complexe

où selon

que tu seras noire, blanche ou jaune, masculin ou féminine,

qu’on saura que tu es l’amie de quelqu’un plus connu que toi, à quelque échelle que ce soit,

qu’on supposera que tu as ou non de l’argent, ou bien que cela se verra,

que tu sauras plus ou moins bien cacher ce qui aux yeux des autres pourrait passer pour des défauts, ou bien que tu assumeras tranquillement ta différence,

que tu auras à tout prix besoin d’être aimée ou bien que tu pourras rester toi-même malgré le ressenti des autres,

que tu laisseras les autres changer ta route ou bien que tu feras ton propre petit chemin,

que ta voiture sera une Mercena ou bien une deux-chenaux,

qu’on pourra identifier la marque de tes vêtements, ton habit de moine, la peau de ton ours,

que tu afficheras tes croyances ou tes doutes, tes idées, tes états d’âme ou bien que tu les cacheras,

que tu auras l’air sûre de toi ou bien que tu te sentiras lamentable,

que tu marcheras sur les autres pour passer, ou bien que tu leur tiendras la porte,

selon tout cela, ma douce, tu verras,

on te traiteras différemment à chaque fois,

et pas un ne te traitera de la même façon

pas un ne te verra du même œil, sauf peut-être le faucon

et celui, ou celle, qui saura t’aimer et te pardonner

tant ce monde est complexe et l’œil de l’autre omniprésent bien qu’aveugle parfois

personne ne te verra nue, personne ne saura vraiment qui tu es,

encore moins si tu ne le sais pas toi-même,

alors je te souhaite un bonheur brûlant, que sa flamme soit haute et vive ou bien petite et tenace,

un bonheur que cette vie qui ne fait que passer ne brade pas aux apparences,

quand tu seras, car tu seras

nue et anonyme, ton identité précieusement gardée au-dedans de toi.

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 21:00

DSC00344

 

  150113

 

les grands moments de l’histoire étant consignés pour de bon, identité-identités, je me rappelle à l’histoire que j’avais imaginée, que je n’ai pas pu terminer, j’en ai changé,

j’ai changé d’histoire

 

 

celle qui précède n’a pas de fin, comme il se doit, et celle qui arrive n’existe pas encore, presque pas encore, me voilà lui réservant un espace assez vide pour rester disponible,

j’ai changé d’histoire,

je ne sais pas encore ce qui viendra

presque pas encore

 

 

la première était une guerre subie,

 

celle-ci,

mon lit entre tous

 

et tout ce temps qui nous reste !

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 19:29

DSC00294.jpg

 

ratures de l’histoire, abréviations du temps,

défilé impérieux des pertes de mémoires

innocent et joueur, joueur et innocent,

un encrier gestant patiente à l’écritoire

 

comment garder espoir dans les cavernes, ils parlent

dessins hiéroglyphes, fèves noires, balcons, dédales,

ce que ces semblances ces runes installent, ils parlent

ils parlent, ancestraux, visionnaires, âmes amicales

 

poètes, ils parlent, à travers tout, particulaires,

scribes des jardins basaltiques, granitiques, calcaires

marbriers végétaux, glaciers des sagittaires

ils parlent, passeurs, magiques, messagers serpentaires

 

dédiés, ils parlent, paumes ouvertes,

intemporels, omniprésents,

on les entend, on les entend peut-être

dans le désir et les fosses des vents.

 

 

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 19:37

DSC00114.jpg

Cités, carrières des hommes, mille et une montées sur le dos des années. Terres modelées, cristallisées, merveilleuses.

Je vous regarde comme si demain un glas joyeux sonnait la perte de mes yeux.

Je vous vois jaillissant de terre et sur vos murs je cherche des yeux traces de sel.

Je vois comment le peintre a rendu vos beautés.

Comme un temps même doux pourrait vous altérer, pour peu qu'on le laisse sans nous.

Temps d'hommes, sablières pointilleuses.

Berceaux.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:43

DSCN7644.jpg

Une femme se tient dans la rivière, face à la cascade, longs cheveux noirs, corps blanc.

Un pieu prolongé d'un faucon.

Les couleurs que le soleil emmène, avant que les lumières de la ville deviennent pâles.

Brisées d'aube au crépuscule. Rosoiements, arbres habillés de lierre.

Trois pins géants percent la colline.

Un cercle parfait, vide : la liberté.

Repost 0
Published by Bojoy - dans Poésie
commenter cet article

Présentation

  • : La maison dans les pentes
  • La maison dans les pentes
  • : Ecriture, poésie, dessin, peinture, musique, culture, échanges de beauté, table tournante de poésie, partage de rêves...
  • Contact

Amis, bienvenue...

  "Music is the best" - Franck Zappa

Evarrach-e.jpg" En pays de plaine, traffic de collines.

C'est la règle." Henri Michaux - Poteaux d'Angle

 

Recherche

Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

Pages

Catégories