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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:58

DSCN4138

 

Les nuages dorment, leurs laines à l’estive

troupeaux calmes

 

la lune découpe des chardons glacés

aux arrêtes des havres

 

que sommes nous, matière vivante en évolution

ganses saisonnières

 

la parole bleutée du bord de mer en rives de nuit

 

le souffle aphone du monde à sa révolution

 

nous sommes les yeux d’aigles

curieux de tout ce  à quoi ils survivent

 

nos aires de vieux motels de bord de vie

nos routes où nous mourrons selon les pointillés

 

dans ce cadeau ce piège

parfois une main ouverte où l’on pose sa joue

où oser respirer nous emplit de bonheur

sommes nous donc si fous ?

 

________________________________________

 

 

J’écris pour toi dans les rideaux d’hiver

de ces nuages froids qui s’abouchent à l’envers

je puise dans ta main ces redoux hors saison

toute la joie du partage où tu me manques encore

 

j’écris pour nous, notre lent va et vient

je crois ce que je vois et c’est toi qui me tient.

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 19:30

DSCN7213.jpg

 

qu’est ce qu’il traine, ce ciel, dans la gueule de bois

de sa charrette à bras

qu’est ce qu’il charrie, entre les mors bleus de ses brancards

saoulé d’eau, quel charroi, quelles galères

que fait-il, de quoi se donne-t-il l’air

 

je suis là minuscule devant sa toile immense

l’oeil levé sur ses chiffons, plein de filoches

peignant des cils sur ce tableau offert

fine, tendue entre ciel et la terre

 

je regarde passer l’écheveau des histoires

l’écheveau des pensées

l’écheveau des miroirs

qui m’ont désoccupée durant toutes ces années

je regarde et repère

les sorties d’écran

prête à tout pour m’échapper

illicite et joyeuse

clandestine

dans le chariot bleu

des cieux.

 

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 08:46
meandres-kootenai-301969
Nous écoutons l’oud. Puisse-t-il être heureux, le musicien, heureux son cœur dur et chaud comme celui d’un grenat, sa puissance infinie, qui traverse la nuit nous portant dans les cordes de son voilier fantôme

Puisse-t-il jouer de son oud comme on joue d’un tam tam, que son rythme vienne cingler nos ventres fatigués, et nous porten...
t longtemps dans une transe rare vers l’eau sereine d’un souvenir parfait

Nous marchons dans les rus, parfois nos pas s’arrêtent et nos mains se baissent pour toucher les galets, ils sont lisses ils sont beaux, ils n’ont besoin de rien, alors que nous

Je suis seule dans la cascade, un arbre te cache, tu me regardes, je le sais, tes yeux noirs couvrent d’amour la peau nue de mon dos, et les poissons gambadent dans des vagues minuscules, des reflets que la lune leur offre ainsi qu’à toi

D’autres ont composé, visité les maisons natales, moi je n’en connais qu’une, là, sous les frondaisons, ces réseaux de canaux où mon cœur se sent libre et n’appelle que toi

C’est dans l’herbe mouillée que nous restons au monde, je rêve que tu tends vers moi tes mains d’abord si masculines qui dessinent sur moi, leurs pinceaux de douceur devenant femme, devinant femme, mon frère tu me manques, je n’ai que toi sur terre qui me comprennes ainsi, et ton absence est une dague qui fouille dans mon cœur

Je lis Bonnefoy, couchée dessus les pentes. Tant que vivre m’accueillera avec ce que je sais de ton existence, je resterai présente à cette joie

Un jour tu ne seras plus et l’indienne dans la cascade se laissera mourir au milieu des poissons lune.
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 11:21

Verdon-Le-Mourre.jpg

(Le Grand Mourre - Verdon)

 

dans les champs lavés de janvier, sous son faux-jour de gel blanc
perdus perchés sur son haut col, des cascades de nuages
prêtes à dissolution

je tenais le livre à l'envers
certaine de son poids
pensant déjà à autre chose, bien au-delà
voyant la lumière de printemps au travers des nymphéas
faisant de leurs corolles des lampadaires flottants
je vois bien loin déjà, bien loin, bien au-delà
mon visage sous l'eau mes lèvres aux bols froids

la vie me garde-t-elle, elle nous accueille tous, nos yeux noyés de lueurs
changeantes prises aux ondulations de l'eau

les mots grimpent lentement depuis le livre jaune, dessus mes doigts distraits, l'intérieur de mes bras, tout comme l'eau sous la fleur,
je les sens ondoyer, les mots se jetteront dans ma poitrine rauque.

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 14:09

Chaos, ronces, hérauts de pierre

La Passa 190111

 

 LozereForever.jpg

dîtes pour moi ce que mes mains ne sculptent pas

un long chemin de pierre ses mètres inouis

ondulant comme mer des pavés messagers

des statues indolentes faisant montagne noire

à lune pleine et grosse

sa torche pétrifiée

 

je suis venue de là, sous les garripelées,

la pente y coule douce, qui se jette aux arènes

je suis ravin de tendre, diluvienne,

j’y viens rouler, me voici, je ne sais plus parler

car dire revient au même, et la belle est jouée

 

mes vains apôtres tus,

le pays déglacé,

il fait froid sur la butte où je te sens passer.

 

 

les ombres parlent entre elles, des replis aux levées.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 12:35

DSCN2999.jpg

tu guettes, que guettes-tu

tu veilles, qui veilles-tu

quel est le nuage à qui tu parles

je vois tes lèvres bouger,

quel arbre garde les images

de quand tu étais plus léger

 

les brebis mangeront-elle tes mains de sel lorsque tu tomberas

nourriras-tu une mer d’altitude

 

je tiens ton torse blessé, pourquoi viens-tu à moi si las,

je n’imagine pas ton passé, je t’aime dans l’instant, le faut-il ?

 

ces montagnes de charpentier

leurs bois leur font une cagoule

où la neige vient se blottir

 

mon aire n’est plus loin je crois,

je la cherche depuis toujours,

je crois encore t’y retrouver

 

y poseras-tu

tes ailes déployées ?

  

 La Passa, 200111

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:56

 Goutte.jpg

 

Mu / Blues du paysan - Septembre -

150910
 
joie, puis nouvelle fatigue,

ces crachins douloureux dans les hanches

des ciels encore lavés de tout, certains soirs,

 

venir à l’automne, seule,

cueillir, les jambes retenues par des ronciers

tant et tant que le silence mord

 

si longtemps ai-je plu que la source est gorgée

 

le monde a les pieds lourds et des rêves coupés

rêves de somnifères pris pour dire au revoir

que le matin tente d’expliquer,

les murs tartinés des odeurs de confitures

jeunes

 

ou bien retourner dans sa nuit,

se dire que rien n’a été compris, que rien ne veut s’éveiller,

baisser la garde et puis les bras

sentir la douleur, encore

une solitude de fonte liquide

 

un gorille malheureux,

 

le désespoir.

 

 

 N0134.jpg

Portée / Grésil - 170910

pendant ce temps les rivières sortent de leurs gonds

et le lit qu’on leur porte,

cernés d’arbres nous revivons,

après qu’aveugles nous nous sommes perdus,

 

l’écorce frère et l’habit de feuilles femelles,

le tourment de la beauté à nos yeux barbouilleurs,

gemmes des cours d’eau coudés où les trésors s’enlisent,

et selon la lumière sont d’or ou bien de brume

 

renier un monde abusif, plaquer,

seule à mourir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:12

 

DSCN2045 020410

 

Nous avons peur de tout

commandés par nous-mêmes

des ours imaginaires assis sur nos poitrines

un soleil absent qui nous pleure

 

nos troubles remontent à loin

nous aimons souffrir

danser, voilà ce qu’il nous faudrait

pour de bon, pour de bien

 

à cette femme seule qui s’assoit pour penser

un corbeau tend son aile bleue

piquée de sang.

_________________________

 

Hier, jour mort, je n’ai pas écrit

toi seul racontait dans ma tête

ces longs creux de la vie

où pas un ciel ne dort

par une douleur.

 

_________________________

 

Elle marche derrière moi

sur le parvis froid

elle pourrait être mon ombre

nous faisons le même bruit.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:44
Ciel à St Sau

Jean (adieu à un homme tendre)
150310


Ces hommes que nous sommes, apprentis passagers
les mers d’un monde immense à nos pieds négligents
l’amour qui nous porte comme un faucon le vent
et le battement bleu d’une fourche aux blés
ouvrant dans la poussière nos sourires de joie

le timbre de ta voix, les chemins qui te portent
et ceux qui mes complices te ramènent vers moi
ces étreintes volées au temps et aux effrois
où nos cœurs tremblent et meurent en lits de feuilles mortes
si vivants que j’en pleure lorsqu’en moi tu te noies

ces instants de caresses à l’aube encore glacée
qui nous rendent la vie aussi belle et blessée
si fort voudrais-je en eux vivre éternellement
les vivre une seule fois nourrit tous les instants
 tu es mon pain de jour ma farine ma soie

lorsque s’en vient le soir, à nos paumes ouvertes
c’est ton chant que j’entends, qui se donne aux oiseaux
aux arènes du ciel, de terrasses en coteaux
c’est de notre fatigue et de ses roses offertes
que le bonheur est monde, qui baigne nos émois

à nos jardins de doute fleurissent des lilas
à l’odeur de ta peau, que le temps n’éteint pas
tu cultives nos rêves je peins nos souvenirs
nous sommes prêts à tout et même à en mourir
pourvu que la nuit tombe dans le noeud de nos bras.
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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 12:49

Un bon jour pour voler / Dans cette beauté
St Sauveur – 181109

L’automne s’est assombri
la neige a brûlé une première fois le bord des chemins
et sur l’asphalte a laissé son sel blanc

ce soir je suis montée sur le rocher de la fougère
de là-haut la vallée aux dernières heures paysannes cascade ses profils de collines bleues
et dans le creux de mes jambes en tailleur j’ai laissé mes mains reposer
pendant que mes yeux volaient de crête en crête, passant les ombres fumeuses des lambeaux de brume accrochés aux forêts,
jouant à voiler dévoiler les feux électriques des habitats humains
j’ai revu les prairies vibrer leurs courbes vertes aux huiles d’un soleil architecte
le velours chaud des croupes des chevaux
et la vie autonome des troupeaux attardés sur les pentes encore nourricières

j’ai revu le soleil et parcouru les images de ce jour alors qu’à l’horizon du col la nuit avalait doucement les tout derniers laitages

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Texte Libre

n’ayez pas l’air de rien, n’ayez l’air de personne

ayez l’air de comprendre plutôt que l’air de contester

surtout n’allez pas contre le plus grand nombre

car bien que ficelé, le troupeau se divise en de multiples miroirs

et son identité de groupe n’est pas son bruit de couloir

son téléphone arabe n’est pas un son de cloche

surfez dans les images toutes faites et le mélange de genres

soyez massepain, confiture,

yaourt grec

que votre sucre s’allège que votre volonté soit faite

pour plaire à tout le monde il y a trop de monde

le monde est bien trop vaste

dans le plus petit village les voisins se connaissent-ils

se dévisagent-ils, qui les étrangers de la porte à côté,

se détestent-ils, qui les mutants les bien intentionnés,

vouloir se regrouper, certes, faire une société,

se la représenter matin midi et soir, croire, et puis

passer à côté

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